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Spécial : 11ème anniversaire de l'intronisation de Sa Majesté le Roi Mohammed VI

Sa Majesté le Roi Mohammed VI
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  04/12/08

   

  Intervention de SAR La princesse Lalla Salma devant la Conférence Internationale sur le Sida en Afrique

Le Maroc a appelé mercredi, à partir de Dakar, à une mobilisation soutenue et une coopération active, commune, efficace et mieux ciblée, tant au niveau régional qu'à l'échelle internationale pour lutter contre le Sida.

 

Dans une intervention au nom du Royaume du Maroc à l'ouverture de la 15ème conférence internationale sur le Sida et les infections sexuellement transmissibles en Afrique, (ICAS), SAR la Princesse Lalla Salma a indiqué qu'il importe dans ce sens d'adopter une approche mondiale qui doit tenir compte des différents aspects, aussi bien médicaux que sociologiques et psychoculturels.

Voici le texte intégral de cette intervention :.

 "Louange à Dieu,.

Prière et salut sur le Prophète, Sa famille et Ses compagnons.

 Monsieur le Président de la République,.

Honorables représentants,. Excellences,. Mesdames et Messieurs,.

C'est avec un réel plaisir que Je prends part à cette importante conférence.

Ma joie est d'autant plus grande que cette rencontre se tient au Sénégal, pays frère avec lequel le Maroc est lié par une histoire séculaire et un partenariat stratégique.

Notre réunion d'aujourd'hui nous offre l'opportunité de faire le point des réalisations accomplies et des défis encore à relever, dans notre lutte commune contre le Sida.

D'où l'intérêt particulier de cette manifestation qui nous invite à examiner les moyens de faire face aux douloureuses réalités vécues par notre continent dans la guerre qu'il mène contre cette pandémie.

 Monsieur le Président,.

Mesdames et Messieurs,.

 Fléau de notre temps, le Sida continue de faire des ravages de par le monde, en dépit des grands efforts qui ont été consentis pour l'endiguer.

Cependant, un constat objectif met en évidence la dure réalité de la fracture entre les pays développés et notre continent africain. Cette fracture multidimensionnelle prend la forme d'un véritable paradoxe.

Ainsi, dans les pays développés, cette maladie enregistre un recul ou une stabilisation grâce notamment au progrès scientifique et à l'amélioration de l'accès aux traitements antirétroviraux.

Le niveau de développement atteint par ces pays, en particulier, dans les domaines de l'éducation, de la santé et de la communication constitue une puissante barrière face à la propagation de cette maladie.

Il ne fait plus de doute que là où l'alphabétisation est généralisée et le service de santé assuré, l'étendue des atteintes par le VIH est moins fréquente.

Désormais, dans les pays avancés, le Sida n'est ni banalisé ni diabolisé. Il est considéré comme une maladie chronique qui a ses propres exigences tant au niveau de son diagnostic que de son traitement.

Si les pays développés ont réussi à juguler ce fléau, il n'en va pas de même pour notre continent africain.

Il est ainsi regrettable de relever qu'en Afrique plus qu'ailleurs, les méfaits pernicieux du Sida et des autres infections sexuellement transmissibles sévissent encore dangereusement et inspirent les plus vives des inquiétudes.

La pandémie du Sida constitue, en effet, une agression qui atteint profondément la personne humaine dans son intégrité physique et dans sa dignité.

Même si certains de nos pays ont plus ou moins réussi à juguler la progression du VIH, les perspectives demeurent préoccupantes, d'autant plus que cette maladie fait toujours l'objet de préjugés et de stigmatisation.

Dans certaines régions du continent, 50 pc, voire plus de la population est touchée par le virus du Sida. C'est une amère réalité qui doit interpeller toutes les consciences.

Par son coût social, le Sida représente aussi une entrave au développement harmonieux de la société. Il hypothèque l'avenir de nombreux pays africains frères.

Son danger provient également du fait qu'il s'attaque à la principale richesse de nos sociétés africaines, à savoir leurs ressources humaines, notamment les jeunes.

Par ailleurs, et compte tenu de leur vulnérabilité sociale, les femmes sont souvent placées dans des situations qui les exposent à un plus grand risque d'infection. Ceci, d'autant plus qu'elles sont les premières victimes de l'instabilité qui prévaut dans des régions de notre continent.

Comment alors transcender ce paradoxe et apporter les réponses adéquates aux multiples défis qu'il nous impose ?.

Nous partageons tous l'ultime conviction que le Sida n'est pas une fatalité pour notre continent : Unis et solidaires, nous le vaincrons.

Partant de cette ambition, la lutte contre cette pandémie appelle ainsi une mobilisation soutenue et une coopération active, tant au niveau régional qu'à l'échelle internationale. Elle doit aussi être commune, efficace et mieux ciblée.

Elle doit également tenir compte des différents aspects, aussi bien médicaux que sociologiques et psychoculturels.

Cette approche mondiale doit être accompagnée et relayée, au niveau régional, par une coopération Sud-Sud agissante.

A cet égard, nous constatons que de profonds changements sont intervenus dans la riposte mondiale au SIDA. Celle-ci s'inscrit désormais dans l'agenda des Nations Unies en tant que priorité constante et permanente.

Néanmoins, il importe de redéfinir la lutte mondiale contre cette épidémie dans le cadre d'une stratégie permettant aux plus pauvres d'accéder au dépistage et aux traitements.

Elle devrait s'appuyer sur un contenu concret, plaçant au centre de ses préoccupations, le développement humain et durable de notre continent africain.

Cette maladie prend souvent racine dans les milieux souffrant des facteurs d'exclusion, notamment la pauvreté et l'ignorance. C'est pour cela qu'il importe d'accorder une réelle priorité au soutien des populations les plus vulnérables, particulièrement les enfants orphelins victimes du Sida.

En effet, tous les efforts déployés par nos pays resteront insuffisants s'ils n'interviennent pas dans le cadre d'une politique globale de développement socioéconomique et de consolidation de la bonne gouvernance.

Mieux que tout autre remède, l'éducation, l'information et la communication demeurent la meilleure riposte à ce fléau.

Certes, le financement à l'échelle mondiale s'est sensiblement amélioré au niveau des programmes de prévention du SIDA. Mais, le chemin à parcourir dans ce sens est encore long et ardu.

Aussi, appelons-nous la communauté internationale à renforcer l'appui technique et financier, apporté aux pays à faible et moyenne prévalence du VIH. Cela devrait permettre d'éviter le risque de propagation de l'épidémie au cours des prochaines années.

Elle devrait aussi permettre la mise à contribution de mécanismes de financements innovants pour éradiquer le fléau.

Le combat que toute l'humanité mène contre cette pandémie ne doit pas souffrir des difficultés financières actuelles.

Authentique source de richesse, le capital humain ne mérite-t-il pas autant d'attention, sinon plus, que le capital financier spéculatif ?.

 Monsieur le Président,.

Mesdames et Messieurs,.

Depuis la découverte, en 1986 au Maroc, du premier cas de sida, la lutte contre cette maladie a constitué l'une des priorités de la politique sanitaire du Royaume.

Aujourd'hui, le taux de prévalence du Sida au Maroc est de 0,08 pc grâce au ferme engagement, au plus haut niveau, de SA MAJESTE le ROI MOHAMMED VI, que Dieu L'assiste, qui a donné une véritable impulsion à la lutte contre ce fléau dans notre pays.

A cet égard, l'Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH), vise, dans le cadre d'une approche globale, à assurer un meilleur accès aux services sociaux de base. Ceci comprend, en particulier, les soins et services de santé en faveur des populations les plus démunies.

Ainsi, le Maroc a hâté la mise en place d'un arsenal de mesures en matière de lutte contre le Sida, notamment :.

- Une instance de coordination nationale de riposte au VIH,.

- Un plan stratégique national définissant des objectifs précis à atteindre en 2011, et les moyens à mettre en oeuvre à cet effet ,.

- Un système national de suivi et d'évaluation, précisant les différents indicateurs de mesure des progrès et le degré de réalisation des objectifs fixés,.

- Une approche participative et inclusive des ONG.

De même, la stratégie sectorielle du Ministère de la Santé, pour la période 2008-2012, comporte un volet réservé à la lutte contre le Sida. Il vise notamment à assurer un accès généralisé à des services de prévention, de traitement et de prise en charge en matière de VIH.

Le Maroc entend aussi relever les défis liés à la morbidité grandissante due aux maladies transmissibles et non transmissibles.

Dans ce sens, une prévention efficace ne peut se réaliser que par un retour aux soins de santé primaires. D'ailleurs, la promotion de la santé ne peut être que multisectorielle.

A cet égard, le plan stratégique 2007/ 2011, adopté à cet effet, est le fruit d'un travail collectif engagé par tous les acteurs institutionnels et associatifs. Il constitue une étape essentielle de la mobilisation réalisée autour de la réponse nationale face à cette maladie.

A cette occasion, nous rendons un hommage particulier aux ONG. Grâce à l'expérience qu'elles ont accumulée en la matière, elles jouent désormais des rô les d'impulsion, de soutien et de coaching, pour la promotion de nouvelles politiques de santé publique.

Par ces multiples actions, le Maroc marque ainsi son ferme engagement à contribuer à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le Développement et de ceux de la Déclaration de la Session spéciale de l'ONU sur le Sida (UNGASS).

A cet égard, le Royaume réitère sa pleine et entière disposition à continuer à accompagner, constamment et efficacement, les efforts inlassables de l'ONU.

De même, fidèle aux liens de fraternité et de solidarité qui l'unissent à ses frères africains, le Royaume du Maroc réaffirme sa volonté de continuer à contribuer à la lutte contre le fléau du Sida à l'échelle de notre continent.

Il s'agit là d'un grand défi à relever. Pour ce, Sa Majesté le Roi Mohammed VI n'a cessé d'œuvrer, en mobilisant moyens humains et matériels, savoir-faire et expertise.

Cette contribution s'inscrit dans le cadre d'actions de coopération programmées avec plusieurs pays africains frères. Celles-ci concernent, en particulier, la santé maternelle et infantile et les programmes d'immunisation en matière de lutte contre le Sida.

Dans cette conjoncture mondiale délicate, le Maroc demeure convaincu que nous devons, aujourd'hui plus que jamais, unir nos efforts et renforcer la solidarité internationale pour apporter une réponse cohérente et efficiente au Sida.

 Monsieur le Président de la République,.

Au terme de cette intervention, permettez-Moi d'adresser à Votre Excellence Mes vifs remerciements pour l'accueil fraternel qui nous a été réservé.

L'hospitalité et la générosité traditionnelles du peuple sénégalais frère ont toujours fait de ce pays un lieu de convergence ouvert au dialogue et un carrefour propice aux échanges les plus fructueux.

Que le Sénégal accepte donc pour cela notre vive reconnaissance et nos remerciements les plus chaleureux.

Je vous remercie pour votre aimable attention.

Wassalamou alaikoum wa rahmatoullahi wabarakatouh".

 

 
 
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