L'ambassadeur qui s'exprimait à l'issue d'un vote sur une résolution de sortie de crise en Syrie a fait part de sa "déception et tristesse" que tous les "efforts que nous avons faits n'aient pas été traduits par une décision unanime" de l'Organe exécutif.
La Russie et la Chine ont opposé leur veto au projet qui visait notamment à mettre un terme à la répression en Syrie qui a fait des milliers de victimes en près de dix mois.
Cette "frustration est d'autant plus grande que le Maroc s'est investi pendant bientôt deux semaines dans l'élaboration d'une résolution" dans laquelle "nous avons veillé à réunir toutes les conditions pour sa réussite", a dit l'ambassadeur.
Et de rappeler les différentes étapes de l'élaboration de ce projet, à savoir "des consultations intensives avec tous les membres du Conseil sans exception", ajoutant que "le Maroc a essayé d'accommoder toutes les préoccupations et à effacer toutes les inquiétudes" exprimées par plusieurs membres.
La Russie a demandé plusieurs amendements au projet de résolution, notamment un retrait du texte de toute référence aux sanctions, à l'embargo sur les armes, au recours à la force, en plus du fait que le projet devait tenir compte des réformes annoncées en Syrie et de réaffirmer l'intégrité, la souveraineté, et l'unité nationale de ce pays, rappelle-t-on.
"Nous avons pu parvenir à un texte que tout le monde a considéré comme étant équilibré et envoyant un message très fort d'appui au plan arabe", car, a-t-il expliqué, "la raison d'être de l'engagement du Maroc était de réunir un appui massif de la part du Conseil à l'initiative arabe du 22 janvier".
"Jusqu'à hier (vendredi) tous les membres de l'ONU exprimaient un enthousiasme à voir le Conseil adopter la résolution élaborée et révisée par le Maroc", a-t-il confié, soulignant que "cela a été une surprise pour tout le monde" que le texte n'ait pas été adopté car "nous avons cru avoir répondu à toutes les attentes".
La Russie a voulu l'introduction de nouveaux amendements jugés "inacceptables" par l'ensemble des promoteurs du projet de résolution.
"A la dernière minute, nous avons eu une série d'amendements qui étaient inacceptables par tous les co-auteurs de la résolution" qu'il n'était "pas possible d'accommoder", a-t-il conclu.
Le projet de résolution est présenté par le Maroc conjointement avec "sept délégations du Conseil de sécurité de l'ONU ( France, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Portugal, Allemagne, Colombie et Togo) et appuyé par plusieurs pays arabes ainsi que la Turquie.