Ce nouveau protocole a été signé, côté marocain, par le ministre de l'Agriculture et de la Pêche maritime Aziz Akhannouch et, côté européen, par le ministre de l'Agriculture et du Développement rural polonais Marek Sawicki, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE.
La signature de ce protocole fait suite à l'adoption par la Commission européenne des propositions visant à proroger d'un an le protocole à l'accord de partenariat dans le secteur de la pêche entre le Royaume et la Communauté européenne.
Arrivé à expiration le 27 février dernier, ce protocole a été ainsi prorogé jusqu'au 27 février 2012 permettant ainsi aux navires européens d'opérer dans les eaux marocaines.
Il entre dans le cadre de l'accord de partenariat de pêche qui établit, entre autres, les principes, règles et procédures régissant la coopération économique, financière, technique et scientifique.
Alors que l'accord constitue le socle de la relation entre l'UE et le Maroc, le protocole définit les conditions d'accès des navires communautaires aux zones de pêche marocaines, les modalités de contrôle des pêches et les partenariats entre entreprises.
La reconduction du protocole permettra de continuer les discussions en vue d'améliorer le potentiel de coopération qu'offre l'accord de pêche, et de l'adapter aux orientations stratégiques et aux projets mis en oeuvre par le Plan Halieutis. Elle témoigne aussi de l'intérêt des deux parties à disposer d'un cadre de coopération dans le domaine halieutique sur la base d'objectifs convergents de préservation de la ressource halieutique et la durabilité de son exploitation.
Le Maroc dispose aujourd'hui, en effet, d'une vision claire de sa stratégie halieutique avec des objectifs visant une pêche durable et compétitive valorisant le patrimoine halieutique marocain, et faisant du secteur un véritable moteur de croissance de l'économie marocaine avec une augmentation significative du PIB sectoriel d'ici 2020.
L'accord agricole Maroc-UE est "très équilibré"
L'accord agricole entre le Maroc et l'Union européenne est très équilibré et tient compte aussi bien des intérêts des agriculteurs marocains qu'européens, a affirmé, mercredi à Bruxelles, le ministre de l'Agriculture et de la Pêche maritime Aziz Akhannouch.
S'exprimant devant la Commission du commerce international du Parlement européen, M. Akhannouch a indiqué que la coopération entre l'Union européenne et le Maroc, partenaire privilégié bénéficiant du Statut avancé avec l'Union, doit se consolider davantage à travers les échanges agricoles, appelant à un accompagnement européen de ce secteur.
"L'accompagnement du secteur agricole du Maroc, qui est l'autre rive mais aussi la porte de l'Europe, renforcera la mise à niveau de son agriculture et assurera, par la même, la protection du marché et du consommateur européens", a souligné le ministre, invitant les opérateurs des deux bords à renforcer le dialogue pour un avenir durable.
Donnant un aperçu sur la politique agricole nationale, le ministre a d'emblée souligné que le "Plan Maroc Vert" de développement a été décliné en plans régionaux qui ont à leur tour été négociés avec l'ensemble des conseils régionaux du Royaume.
Ce Plan national, a-t-il expliqué, vise notamment l'amélioration des revenus des agriculteurs, la garantie de la sécurité alimentaire, la protection des ressources naturelles des différentes régions et l'intégration de l'agriculture marocaine au marché national et international.
Il a également fait savoir que ces négociations ont été sanctionnées par un accord de développement inter-régional signé après vote à l'unanimité, précisant qu'à elles seules les régions du sud du Royaume bénéficieront d'un investissement de 480 millions d'euros.
Rappelant que les exportations marocaines vers le marché européen ne dépassent pas 2,5 pc des fruits et légumes, le ministre a appelé à une complémentarité avec l'Union européenne.
Il a, en outre, souligné que le plan de développement agricole du Maroc s'inscrit dans le droit fil de la sécurité alimentaire qui est étroitement liée avec les échanges internationaux et qui exige d'assurer la suffisance alimentaire.
"Le Marché marocain est devenu un marché très intéressant notamment à travers l'organisation des réseaux de distribution et de contrôle ", a-t-il insisté.
M. Akhannouch a, de même, mis en exergue l'adoption par le Maroc d'une loi sur la sécurité alimentaire en phase avec les standards européens, mettant ainsi à niveau "ses textes de loi et son mode de travail".
Le Maroc, a expliqué le ministre, a ainsi mis en place l'Office national de sécurité des aliments (ONSA), qui contrôle l'ensemble de la production et de la commercialisation et l'Etablissement autonome de contrôle et de coordination des exportations (EACCE), qui s'occupe de la traçabilité et du contrôle des exportations marocaines.
Répondant à des questions d'eurodéputés sur l'avenir des "petits agriculteurs " marocains, M. Akhannouch a indiqué que le Maroc, qui compte près de 9 millions de surface agricole utile, oeuvre à travers le "Plan Maroc Vert" à la mise en place d'une agriculture moderne, mais aussi à accompagner ces agriculteurs à travers le programme Pilier II de cet ambitieux programme national.
La promotion des produits du terroir et leur exportation sont également des enjeux importants pour la réussite de ce grand chantier agricole, l'année 2010 ayant été résolument placée sous le signe du terroir, a-t-il ajouté.
Il a souligné que le Maroc accompagne ces petits agriculteurs qui souvent affrontent des difficultés pour écouler leur récolte et encore plus exporter leurs produits.
Dans leurs interventions, plusieurs députés européens ont, à cette occasion, salué les réformes tous azimuts engagées par le Maroc, appelant le Parlement européen à encourager le Maroc dans sa politique agricole "ambitieuse". "Le Parlement européen doit encourager les pays qui avancent tel le Maroc", ont-ils souligné.