El Fassi, qui présidait à Rabat le Conseil d'administration de la Caisse marocaine des retraites (CMR), a fait part de la grande préoccupation du gouvernement de la situation des équilibres financiers de l'ensemble des Caisses nationales de retraite et de son souci à consolider la protection sociale dans les secteurs public et privé, précisant que ceci nécessite l'intensification des efforts en vue d'immuniser les régimes de retraite, renforcer leurs propres capacités et transcender les enjeux de la prochaine étape qui sera marquée par l'augmentation du nombre de retraités.
Le Premier ministre a salué l'esprit de responsabilité et de partenariat qui a de tout temps marqué les travaux du Conseil d'administration de la CMR grâce au dialogue constructif, ce qui a favorisé l'élaboration de nombre de recommandations et de décisions ayant contribué à la résolution de plusieurs problèmes des adhérents et au traitement de questions de gestion, qui ont eu de réelles répercussions sur l'amélioration du régime national de retraite, indique un communiqué de la Primature.
La question de partenariat, a-t-il noté, a aidé le gouvernement à prendre d'importantes mesures au profit de la Caisse, consistant notamment en l'augmentation de la contribution de l'Etat au niveau des pensions militaires qui sont passées entre 2004 et 2006 de 7 à 20 pc, et l'augmentation progressive de sa contribution en ce qui concerne les pensions civiles allant de 7 pc en 2004 à 10 pc en 2006.
Elle a également permis de rendre justice à une large catégorie de retraités méritants en bénéficiant des avantages de la précédente réforme qu'a connue le régime de retraite dans le secteur public, outre le fait que l'Etat se soit libéré de ses dettes vis-à-vis de la Caisse ayant dépassé 11 milliards de dirhams, tout en prenant à sa charge de combler le déficit annuel des régimes de retraite militaires depuis 2004, a-t-il ajouté.
Le Premier ministre a également mis l'accent sur les efforts exceptionnels entrepris par le gouvernement au profit du système national de retraite qui a coûté au budget général de l'Etat près de 74 milliards de dirhams depuis 2003 jusqu'à présent, outre le fait de doubler sa contribution annuelle, au titre des régimes régis par le CMR, qui est passée de 4,5 milliards de dirhams à près de 9 milliards au cours de la même période.
Malgré les grands efforts publics, a-t-il dit, les régimes de retraite gérés par la Caisse, notamment celui des pensions civiles, risquent d'être confrontés à un dysfonctionnement au niveau de leurs équilibres financiers à cout-terme, ce qui requiert d'entamer des réformes audacieuses permettant de leur assurer une certaine pérennité, rappelant que la situation de la CMR nécessite la prise de mesures exceptionnelles et urgentes.
M. El Fassi a, en outre, enregistré avec satisfaction les efforts déployés dans la gestion des ressources de la Caisse, puisqu'elle occupe désormais la 2ème place au niveau des investisseurs institutionnels, grâce à un portefeuille budgétaire de plus de 70 milliards de dirhams qui lui a permis de jouer un rôle d'avant-garde dans les marchés financiers locaux, outre que ses fonds constituent une source essentielle dans la consolidation des équilibres des régimes gérés par la Caisse, et vont combler le déficit annuel prévu dans les quelques années à venir, offrant ainsi une marge de temps pour amorcer la réforme globale lors de son entrée en vigueur en 2016.
Il a, dans ce sens, rappelé l'étude relative à la réforme des régimes de retraite qui a conclu à des propositions sur la réforme globale escomptée.
Les travaux du Conseil d'administration de la CMR ont été axés notamment sur l'examen du rapport du Comité permanent issu du Conseil d'administration, le projet du programme d'action et du budget au titre de 2011, le projet de la structure administrative de la Caisse et un projet de contrat-programme entre l'Etat et la Caisse au cours de la période 2011-2013.
Ont assisté à cette réunion, notamment le ministre délégué chargé des Affaires économiques et générales, le ministre délégué chargé de la Modernisation des secteurs publics, les secrétaires généraux de la Primature et du ministère de l'Intérieur, le directeur général de la CMR et le président du Comité permanent issu du Conseil d'administration.