Intervenant, mercredi, lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, M. Taib Fassi Fihri, ministre des affaires étrangères et de la coopération, a indiqué que le gouvernement a réaffirmé sa détermination à poursuivre toutes les démarches et contacts nécessaires avec les organisations ds droits de l'homme concernées, en particulier le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) pour faire connaitre toute la vérité, mettre fin au kidnapping de Mostapha Salma et lui permettre d'exercer ses droits fondamentaux, en particulier son droit à s'exprimer librement et à se déplacer.
Le gouvernement, a-t-il dit, est convaincu que l'affaire de Mustapha Salma n''est qu'un cas parmi des milliers d'autres qui attestent du rejet des méthodes dictatoriales obsolètes remontant aux années soixante dix du siècle dernier. Il a ajouté que cette affaire administre la preuve éclatante du profond écho favorable suscité chez nos frères séquestrés dans les camps de Tindouf par l'Initiative d'autonomie en tant qu'opportunité historique que SM le Roi a déclinée comme solution définitive pour résoudre ce conflit régional artificiel qui n'a que trop duré, et partant, mettre fin à des décennies de domination de la pensée unique, d'endoctrinement militaire despotique, de privations et de division.
"Ce fait criminel, a poursuivi M. Fassi Fihri, a montré une nouvelle fois à quel point les contradictions des ennemis de notre intégrité territoriale sont criardes, du fait d'un comportement ignoble bafouant le droit naturel de l'homme à disposer de la liberté d'expression et de mouvement".
Bien plus, a ajouté le ministre, le groupe du "polisario "a eu l'outrecuidance de s'arroger le droit de dénier la qualité de réfugié" à Mostapha Salma Ould Sidi Mouloud , alors même que l'Algérie est bien la partie dûment habilitée, en vertu du droit international humanitaire, à accepter ou refuser la présence d'un quelconque réfugié sur son territoire, sachant, par ailleurs, que Mostapha Salma vit dans les camps en tant que réfugié et relève, par conséquent, de la compétence exclusive du Haut commissariat aux réfugiés pour ce qui a trait à sa protection et à l'assistance à laquelle il a droit.
Le ministre a rappelé que Mustapha Salma a été victime, sur son chemin de retour pour rejoindre sa famille dans les camps de Tindouf, d'une lâche opération d'enlèvement, le 21 septembre dernier, de la part des milices du "polisario", en connivence avec les services de renseignements algériens.
Dès que cet ignoble enlèvement s'est produit, a poursuivi M. Taib Fassi Fihri, le gouvernement de SM le Roi a dénoncé vigoureusement cet acte illégal, illégitime et inacceptable, tout comme il a dénoncé les mesures de représailles à l'encontre des membres de sa famille, qui bafouent les enseignements de tolérance de notre religion ainsi que toutes les conventions internationales et valeurs humaines.
Il a indiqué que la diplomatie marocaine a été prompte à se mobiliser en engageant des contacts intenses au plus haut niveau, particulièrement avec le secrétariat général de l'ONU, le Haut commissariat pour les réfugiés et le Haut commissariat aux droits de l'homme.
Elle a de même entrepris, au niveau bilatéral, plusieurs démarches auprès d'un grand nombre de pays et de leurs institutions nationales.
Avec la même vigueur, le gouvernement a exprimé son refus catégorique des allégations infondées que les autres parties ont essayé de faire valoir, pour exploiter cette affaire et faire passer leurs slogans fallacieux, prétendant ainsi que M. Mustapha Salma a été arrêté dans les soi-disant +territoires libérés+ ou encore sa comparution devant de prétendus + tribunaux+ pour répondre de ce qu'ils ont appelé +violation du droit pénal sahraoui+ de la fantomatique république, et ce alors même que la communauté internationale réalise parfaitement la nature spécifique, les conditions particulières et la situation juridique claire de la zone se trouvant à l'est du dispositif de défense.
Autant le gouvernement marocain a exprimé, le 6 octobre, dans un communiqué officiel, sa satisfaction à l'annonce de "la libération de Mustapha Salma" comme fruit de cette mobilisation forte et efficace, qui a contraint les adversaires de notre intégrité territoriale à se plier à cette pression nationale et internationale, après qu'ils aient annoncé auparavant l'intention de le "passer en jugement", autant le gouvernement a affirmé clairement et en toute responsabilité, dans le même communiqué, la nécessité pour toutes les forces vives de poursuivre la mobilisation nationale jusqu'à ce que Mustapha Salma puisse recouvrer tous ses droits et sa liberté effective.
M. Taib Fassi Fihri a, au nom du gouvernement de SM le Roi, enregistré avec fierté les positions et les démonstrations de mobilisation au niveau local et national pour la défense de Mustapha Salma, en particulier celles des organisations et instances politiques, parlementaires, syndicales, professionnelles et civiles, en particulier les positions du Comité d'action pour la libération de Mustapha Salma, tout comme celles des potentialités s'activant dans le domaines juridique, académique et des médias et celles de la communauté marocaine immigrée.
Le ministre a de même exprimé sa fierté pour la parfaite harmonie et l'excellente complémentarité entre la diplomatie officielle et la diplomatie populaire, dans toutes ses composantes, relevant que ces campagnes de solidarité ont eu un large écho au niveau international, comme attesté par les prises de positions solidaires de pays amis, d'organisations non gouvernementales, de centres et réseaux de droits de l'homme et d'instances parlementaires de poids.
M. Fassi Fihri a souligné que M. Mustapha Salma, qui avait été enlevé en compagnie de sa mère et de ses frères en 1979 alors que son âge ne dépassait pas 11 ans, constitue un modèle d'une génération entière de victimes qui ont grandi dans les camps de Tindouf sur le sol algérien, dans un environnement entaché de toutes les formes de dictature et de désespoir.
Au moment de sa visite dans les provinces du sud, notamment Smara pour rencontrer son père, M. Salma a constaté de visu les mutations politiques, économiques et sociales que connait cette région, a rappelé M. Fihri, ajoutant qu'en août dernier M. Salma a annoncé son refus de l'idéologie d'exclusion qui prévaut chez le "polisario", faisant part de sa conviction de retourner au lieu de sa résidence habituel dans les camps de Tindouf en vue de défendre l'initiative d'autonomie qu'il a considérée comme "solution idoine pour sortir de la crise artificielle créée par les dirigeants de l'Algérie et la meilleure occasion pour mettre fin au différend régional au sujet du Sahara marocain et libérer les Sahraouis des camps de Lahmada.