"Ce qu'il faut aujourd'hui, c'est changer de culture à tous les niveaux, à tous les échelons, il faut faire de la politique autrement, pour l'intérêt général, l'intérêt de la population qui s'est mobilisée dans ce sens, pour combattre la corruption, le laisser-aller et les injustices", a affirmé, M. Benkirane, dans un entretien publié jeudi par le quotidien "Le Matin".
Il a, dans ce sens, indiqué que le statut de l'élu lui dicte de "travailler en proximité" avec les populations, de tenir "impérativement" compte des attentes et d'être lié par un contrat "à la fois moral et d'efficacité" avec les électeurs, ajoutant que dans tout projet urbain ou projet de transport, "il y a en amont un travail d'écoute, de concertation qui doit être fait avec la société civile, les représentants des institutions et le secteur privé".
Dans le même ordre d'idées, M. Benkiran a assuré qu'"une chose est sûre : il ne peut y avoir de développement social sans développement économique et sans croissance, ce qui passe par le développement du privé et de l'entreprise", rappelant que le gouvernement a érigé en priorité la création d'entreprises qui sont pour un pays le moteur de la richesse économique et le réservoir de la croissance.
S'agissant de la question de l'emploi, il a fait savoir qu'une opération de qualification, qui va toucher 50.000 jeunes, est en phase d'être mise en place pour mieux adapter les profils aux compétences demandées et lancer la promotion de la Toute Petite Entreprise (TPE) et l'auto-emploi.
Il a, en outre, ajouté que le gouvernement "fera tout" pour démocratiser l'accès au recrutement des quelques 25.000 postes disponibles à la fonction publique et aux collectivités locales et ce, dans "la plus grande transparence", et "par le mérite et le concours", se disant "prêt" à inviter les jeunes diplômés à faire partie du jury "pour qu'ils constatent de visu qu'il n'y a pas de passe-droits ou de clientélisme".
"Tous les acteurs de l'Etat, du privé et de la société civile doivent s'investir dans ce chantier de l'emploi qui, nous le savons, va perdurer", a-t-il dit.
Au sujet de la présence des femmes dans les circuits de décisions, M. Benkirane s'est dit convaincu que les femmes compétentes et intègres "sont légions". "Je connais leur apport et leur implication dans le développement du pays", a-t-il souligné, affirmant qu'il "n'a jamais été contre une plus grande participation des femmes au gouvernement".
"Pourquoi ne pas envisager un remaniement ministériel"?, s'est-il interrogé, ajoutant que "rien ne nous empêche aussi de réfléchir sur une véritable présence des cadres féminins au gouvernement ou dans les postes de direction et de décision".
Par ailleurs, M. Benkirane a évoqué le rôle "indéniable" du "Mouvement du 20 février" dans les derniers évènements au Maroc, soutenant que ce mouvement peut jouer un rôle "positif" pour le pays en s'impliquant dans le développement de la société et que la jeunesse représente un "formidable" moteur qui permet d'avancer et "qui nous pousse, nous les politiques, à nous remettre en cause. "Tout cela doit se faire dans le respect de la Monarchie qui reste le ciment de cette nation", a-t-il préconisé.
Concernant les derniers évènements de Taza, il a noté que cette ville ainsi que d'autres moyennes et petites agglomérations, qui connaissent de "fortes tensions" et sont le premier "réceptacle" de l'exode rural, nécessitent des politiques d'accompagnement à tous les niveaux, économiques, sociaux, en termes d'infrastructures et d'équipements collectifs, pour faire face à l'augmentation de la consommation d'eau, d'énergie et de transport.
"Nous avons besoin de temps pour prendre la juste dimension des problèmes et mettre en place les mesures nécessaires qui doivent intégrer des enjeux complexes en matière de décentralisation, de déconcentration et de régionalisation avec une ambition de mettre en place des politiques publiques plus efficaces à l'échelle des territoires", a-t-il indiqué.