La partie marocaine à ce Forum, dont la première édition avait été organisée en juillet 2009 dans la même ville, est représentée par M. Karim Ghellab, ministre de l'Equipement et du transport, ainsi que par de hauts responsables représentant le secteur économique et financier (CDG, Tanger free zone, Agence marocaine de l'énergie solaire, Fédération nationale du bâtiment et des travaux publics, Nareva Holding, Chambre du commerce, de l'industrie et des services de Tanger).
L'ouverture solennelle du Forum sous la présidence du chef du gouvernement italien, M. Silvio Berlusconi, a été marquée par les interventions de plusieurs responsables politiques et acteurs économiques qui ont été unanimes à souligner l'intérêt d'une telle rencontre pour la promotion de l'intégration euro-méditerranéenne sur les plans social, économique et financier conformément aux objectifs de l'Union pour la Méditerranée (UPM).
S'exprimant à cette occasion, M. Berlusconi s'est félicité des performances économiques réalisées par les pays de la rive sud de la Méditerranée, en dépit d'un contexte défavorable marqué par les effets de la crise économique internationale.
Il a également mis l'accent sur les immenses possibilités de coopération existant de par et d'autre à la lumière notamment des perspectives de croissance que laisse augurer la sortie de crise.
Le président du Conseil italien s'est réjoui, à cet égard, des relations privilégiées qu'entretient son pays avec les pays de la rive sud de la méditerranée et des opportunités qui y sont ouvertes pour le secteur économique et financier.
Abondant dans le même sens, Mme Stefania Craxi, secrétaire d'Etat aux ministère italien des Affaires étrangères, a estimé que l'intégration des pays de la Méditerranée est, aujourd'hui plus que jamais, "un choix incontournable pour l'Europe", soulignant qu'un coup d'accélérateur a été donné à ce processus par le contexte général de crise économique et financière.
Pour éviter que la relance de l'intégration ne rencontre les mêmes problèmes que ceux auxquels le processus de Barcelone s'est trouvé confronté, il est important, outre l'approche politico-diplomatique, de promouvoir le rôle des entreprises, a-t-elle insisté.
D'autres intervenants, dont le vice-président de la commission européenne, M. Antonio Tajani, le président de le Banque européenne d'investissement, M. Dario Scannapieco, la présidente du patronat italien (Confindustria), Mme Emma Marchegalia, et le président de la Lombardie (nord), M. Roberto Formigoni, ont relevé le contexte favorable à l'impulsion de l'intégration euro-méditerranéenne auquel donne lieu, aujourd'hui, tous les indicateurs économiques.
La rive sud de la Méditerranée a non seulement montré une forte résistance à la crise économique mondiale mais a réalisé des taux de croissance significatifs atteignant jusqu'à 6 pc, ont-ils souligné, notant que ces pays disposent d'importants atouts qui permettent d'envisager l'avenir avec optimisme et de concevoir une complémentarité mutuellement avantageuse.
Dans son intervention, le vice-Premier ministre syrien, M. Abdellah Al Dardari, a souligné que la crise a permis de révéler les potentialités dont disposent les pays de la rive sud de la Méditerranée. Ces derniers sont désormais perçus comme pouvant être porteurs de croissance, a-t-il fait remarquer.
Le ministre tunisien du commerce, M. Reda Ben Mosbah, a, de son côté, estimé que l'intégration de l'espace euro-méditerranéen demeure un projet ambitieux qui nécessite des choix judicieux notamment la qualification des ressources humaines, le rapprochement culturel, la promotion de la recherche et le renforcement des convergences institutionnelles.
Après la cérémonie d'ouverture de ce forum, à laquelle a pris part l'ambassadeur du Maroc en Italie, M. Hassan Abouyoub, les travaux se sont poursuivis au niveau de trois panels axés sur le "soutien aux Micro, Petites et Moyennes Entreprises", "l'énergie" et les "infrastructures".
Initiée par l'agence "Promos" de la Chambre de Commerce de Milan avec le concours des ministères italiens des Affaires Etrangères et du Développement économique et la région de Lombardie (nord), le Forum se positionne comme un rendez-vous privilégié de dialogue et d'analyse. Il se fixe pour mission principale d'identifier les priorités et de proposer de nouvelles solutions de croissance, par la création notamment d'un espace de libre-échange et d'instruments de soutien à la coopération économique entre les Micro, les Petites et les Moyennes Entreprises (PME).
Les participants se pencheront ainsi, deux jours durant, sur les moyens permettant, à travers des partenariats public privé (PPP), d'harmoniser, d'intégrer et d'interconnecter les réseaux de production et de distribution d'énergie, en particulier au niveau des sources renouvelables et de développer les infrastructures de transport dans la région méditerranéenne.
Outre les représentants des pays de l'UPM, prennent également part aux travaux de ce Forum, des pays du Golfe et de l'Europe du sud-est, des représentants d'organismes financiers internationaux telles la Banque Mondiale, la Banque Africaine de Développement et la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement, ainsi que d'autres institutions internationales (commission européenne, UPM et Conseil de coopération du Golfe).