L'économie marocaine clôture l'année 2011 dans le vert
Malgré une crise mondiale persistante, qui secoue le principal partenaire commercial du Royaume qu'est l'Europe, l'économie nationale arrive quand même à s'en sortir avec une croissance qui devrait avoisiner les 4,8 pc à fin 2011, contre 3,7 pc en 2010.
Le Fonds monétaire international (FMI) se montre également optimiste à cet égard en tablant sur une croissance qui tourne autour de 4,6 pc et ce en dépit des incertitudes économiques dans la région MENA et au moment où la zone euro enregistre une faible croissance de 0,2 pc.
Même si la région se trouve depuis "le début de l'année aux prises avec des incertitudes et des tensions économiques sans précédent", l'activité économique au Royaume doit enregistrer une hausse en 2011, souligne récemment le FMI.
Cette croissance serait due, selon le Haut-Commissariat au Plan (HCP), à la relance de certaines activités économiques, d'une part, et les mesures prises par les pouvoirs publics en réponse aux évolutions contraignantes de l'environnement international, d'autre part.
En 2011, année marquée par l'adoption de la nouvelle Constitution, le Maroc s'est montré résolu quant à la poursuite de l'approfondissement des réformes engagées et de la politique des grands plans sectoriels notamment le Plan Maroc Vert, le Plan Emergence, le Plan Solaire et Halieutis outre la vision 2020 du secteur du tourisme.
Ceci a permis de consolider les acquis sans pour autant compromettre la stabilité des équilibres fondamentaux et de renforcer la résilience de l'économie marocaine, ce qui a limité les impacts négatifs de la crise financière et économique que connaît le monde.
+ Une Campagne agricole qui se poursuit dans de bonnes conditions+.
Avec une production céréalière d'environ 80 millions de quintaux, la campagne agricole 2010/2011 aurait enregistré une augmentation de 14,2 pc par rapport à 2010.
En outre, les activités liées aux autres composantes de l'agriculture et à l'élevage devraient réaliser de bons résultats, suite aux conditions pluviométriques satisfaisantes durant cette campagne.
Le ministère de l'Agriculture a assuré récemment que la campagne agricole actuelle se poursuit dans "de bonnes conditions", marquée par une amélioration de différents indicateurs, notamment la forte demande sur les intrants et le rythme des emblavements comparées à celles des deux dernières campagnes.
L'actuelle campagne est également marquée par une meilleure répartition des pluies en comparaison avec la campagne précédente, ce qui a encouragé les semis précoces qui sont déterminants pour le niveau des rendements des cultures céréalières.
Les labours ont ainsi atteint 4 millions d'hectares dont 3 millions d'ha déjà semés, soit une augmentation de 28 pc par rapport à la campagne précédente.
Les exportations des primeurs ont atteint un niveau de 145.000 tonnes, enregistrant une augmentation de 17 pc par rapport à la campagne précédente à la même date, et ce malgré la conjoncture des bas prix sur le marché de l'Union européenne.
Pour ce qui est du PIB non agricole (activités économiques secondaires et tertiaires), il s'accroîtrait de 5 pc en 2011 au lieu de 4,7 pc l'année précédente, selon le HCP. Les activités du secteur secondaire, marquées par un dynamisme renouvelé du secteur minier et la relance du secteur du Bâtiment et de certaines branches des industries de transformation, dégageraient une valeur ajoutée en progression de 4,6 pc.
Les exportations du groupe OCP ont, pour leur part, maintenu un rythme de croissance soutenu à fin juin 2011, progressant de 34,2 pc en glissement annuel.
La valeur ajoutée du secteur tertiaire (services), en nette reprise, augmenterait ainsi de 5,2 pc en 2011 au lieu de 3,3 pc en 2010.
+Tourisme : un coup de pouce à l'économie marocaine+.
Un an après le lancement de la vision 2020, le Maroc n'a cessé d'‘uvrer pour consacrer encore davantage son choix stratégique, celui de continuer à faire du tourisme l'un des moteurs du développement économique du pays.
La Vision 2020, lancée en novembre 2010, qui est une stratégie de régionalisation touristique, de qualité et du développement durable a donné une impulsion nouvelle au secteur du tourisme. L’événement le plus marquant de cette année reste sans nul doute le partenariat scellé entre le Maroc et trois pays du golfe à savoir le Qatar, les Emirats Arabes Unis et le Koweït.
SM le Roi Mohammed VI et Cheikh Hamad Bin Khalifa Al-Thani, Emir du Qatar, Cheikh Mohamed Bin Zayed Al-Nahyan, prince-héritier d'Abou Dhabi, et Cheikh Mustapha Jassem Al-Chamali, ministre des Finances représentant l'Etat du Koweït, avaient présidé, en novembre dernier, la cérémonie de signature d'un accord de partenariat pour la création de l'Autorité d'investissement touristique au Maroc (Wessal capital).
La création de cette Autorité est, selon des responsables marocains, une illustration concrète de l'intérêt particulier porté par le Royaume à la promotion de l'investissement et au développement de partenariats économiques efficients.
Mobilisant plus de 20,8 milliards de dirhams, l'accord portant création du Fonds "Wessal Capital" a été conclu entre le Fonds marocain pour le développement touristique (FMDT) et les Fonds "Qatar Holding LLC" (Qatar), "Aabar Investments PJS" (Emirats Arabes Unis), et Koweit Investment Authority " Al Ajial Investment Fund Holding".
Cet outil est à même de concrétiser de manière opérationnelle l'engagement volontariste pris au niveau du secteur du tourisme pour dynamiser l'investissement et d'accompagner la réalisation des grands chantiers de la Vision 2020 présentée à SM le Roi lors des dernières assises du Tourisme en novembre 2010.
Wessal capital, structure innovante de par sa structuration financière et la nature des projets qu'elle envisage de réaliser, constitue un outil d'investissement concret et adapté à la stratégie d'investissement du secteur touristique telle que construite sur la Vision 2020.
Cette instance qui sera présidée par un représentant du Maroc, se veut également le fruit d'un partenariat qui vient consolider les relations historiques et fraternelles, liant le Maroc aux pays du Golfe.
Par ailleurs, l'activité touristique connaîtrait un léger ralentissement en 2011, en raison de la baisse de la demande extérieure entraînée par l'instabilité politique qui règne dans certains pays arabes.
En effet, le HCP fait état d'une hausse de 9 pc des recettes touristiques durant les cinq premiers mois de l'année. Une tendance qui est appelée à s'améliorer durant le deuxième semestre, en liaison avec les efforts déployés par l'Etat et les opérateurs économiques pour relancer l'activité touristique nationale.
+Le Maroc conserve sa note "BBB"+.
Gr ce à ses performances économique et la stabilité politique qui règne dans le Royaume, le Maroc a pu conserver sa note de crédit souverain de la dette à long terme en devises à "BBB-" et à court terme en devises à "A-3", avec une perspective "stable", accordée par l'agence de notation Standard and Poor's (S&P).
L'agence a tenu à préciser que la notation du Royaume "n'est pas immédiatement affectée par le résultat des élections législatives" anticipées du 25 novembre. Après la nomination par SM le Roi Mohammed VI de Abdelilah Benkirane, secrétaire général du Parti Justice et Développement, arrivé en tête du scrutin, comme chef du Gouvernement, S&P estime que "la composition du nouveau cabinet n'est pas, en soi, un critère de notation".
+2012 : une année qui s'annonce difficile+.
Dans la perspective de rétablissement de la confiance et d'amélioration du climat des affaires à la faveur des réformes au plan institutionnel, l'année 2012 s'annonce difficile et pourrait ainsi annoncer l'amorce d'un nouveau cycle économique.
En 2012, outre la dégradation des perspectives économiques en Europe et à l'échelle mondiale, la région MENA en général devrait subir l'effet d'une baisse prononcée des investissements et du tourisme.
Ainsi, le nouveau gouvernement de Benkirane aura du pain sur la planche avec à l'ordre du jour plusieurs dossiers en suspens, avec à leur tête l'épineux exercice de la loi de finances 2012.
Outre la problématique de la caisse de compensation qui pèse lourd sur le budget de l'Etat sans pour autant atteindre les objectifs souhaités, le prochain gouvernement doit faire face à de nombreux défis notamment un déficit budgétaire qui dépasserait les 3,6 du PIB, un taux d'endettement public direct, qui dépasserait le seuil de 50 pc du PIB enregistré en 2010 ou encore un déficit de la balance des paiements de 4,3 pc du PIB.
D'après le FMI, il faut s'attendre pour 2012 à une reprise plus faible que prévue, les projections de croissance se situant juste au-dessus de 3 pc. En outre, les besoins de financement des pays importateurs de pétrole devraient atteindre environ 50 milliards de dollars par an. (MAP)
Un foisonnement culturel en 2011 qui signe la fin d’une léthargie
La scène culturelle marocaine a connu, durant l’année 2011, un véritable foisonnement touchant les différents champs de la création littéraire, poétique, picturale, musicale et cinématographique.
Cette effervescence a permis de réhabiliter le débat sur les enjeux réels de la culture et de penser autrement la donne culturelle comme élément déterminant dans le processus démocratique.
Des créateurs de divers horizons ont secoué la léthargie qui avait jusque-là dominé le champ culturel à la faveur de nouvelles démarches novatrices, faisant intervenir l’imagination, le socle de toute création.
A travers des livres, poèmes, films ou toiles, ces créateurs ont décidé de s’interroger, s’amuser, s‘indigner, briser la loi du silence, et faire entendre des voix autres à travers des œuvres singulières. Comme ce roman d’Omar Berrada « L’Encensoir » qui raconte l’histoire d‘un Marocain d’en bas, humble, tendre et fier, confronté à une immense soif de Dieu et une grande misère matérielle, physique et sexuelle.
+Salons de livres: la littérature progresse et diversifie ses genres+.
Quoique dans le domaine littéraire la lecture se fasse rare, la production ne cesse de progresser et de se diversifier dans les différentes catégories (roman, nouvelles, poésie, essai.) et des salons sont organisés pour promouvoir le livre. Pour ne citer que quelques-uns, le Salon international de l’édition et du livre (SIEL), qui est à sa 17-ème édition (11 au 20 février), a connu la participation de nombreux écrivains, chercheurs, écrivains et artistes italiens de grande renommée puisque l’Italie était le pays invité d’honneur, cette année. Un autre salon international des livres et des arts est celui de Tanger. Sa 15-ème édition (04 au 08 mai) a opté cette année pour l’exploration des correspondances entre « la création et la ville » qui s’imposent dans un contexte où l’univers urbain, désormais dominant, est devenu familier mais mystérieux, à la fois menaçant et attrayant.
+Vivacité des arts plastiques+.
Dans cette dynamique, la vivacité du mouvement des arts plastiques ne peut être passée sous silence et le rôle que jouent les galeries d’art dans le domaine des arts plastiques a pris de l’importance, en dépit de quelques problèmes qu‘elles rencontrent au niveau de leurs ventes, notamment à Rabat où deux galeries vont incessamment arrêter leurs activités faute de moyens, comme l’a indiqué une galeriste.
Toutefois, de plus en plus de peintres exposent leurs travaux. La Galerie Bab Rouah a abrité durant toute l’année plusieurs expositions. Il en est de même pour la villa des arts de Rabat et de Casablanca où sont présentées de nombreuses expositions de peintres renommés et d’autres moins connus, et également des rétrospectives.
Un autre fait culturel inédit est « Marrakech Art Fair », une foire de l'art contemporain, qui s’est déroulée du 09 au 11 octobre à Marrakech. Cette manifestation de grande envergure était l’occasion de réunir des galeries européennes, marocaines et du monde arabe dans un espace féerique à Marrakech. Parmi la trentaine de galeries participantes, une moitié est venue du monde arabe tandis que l’autre moitié s’est déplacée d'Europe et près d'une quinzaine de galeries ont présenté un projet thématique sur l'histoire de l'art, de l'orientalisme à nos jours.
En Outre, un ensemble important de tableaux représentatifs de l‘art moderne marocain, qui correspond à l’ ge d’or de la peinture marocaine, est présenté cette année par la Compagnie Marocaine des Œuvres et Objets d'Art. Parmi les lots les plus remarquables, une série de tableaux Composition (de 1957 à 1971) et L’Adieu à Tioumliline (1969), dont certains exceptionnels, signés Jilali Gharbaoui, Ahmed Cherkaoui, qui est présent avec quatre tableaux dont deux œuvres inédites de qualité rarement égalée : La 27e Nuit (1965) et Le Sceau des trois princes (1966) qui forment la synthèse des recherches de cet artiste sur les signes et les tatouages.
+Le cinéma connaît un essor notable+.
Le cinéma, loin de rester en rade, a connu un essor notable, comme en témoigne le nombre de films réalisés et festivals organisés durant toute l’année dans plusieurs villes du Maroc. Le Festival international du film de Marrakech qui vient juste de se dérouler (FIFM du 02 au 10 décembre) , a de nouveau confirmé sa qualité en tant qu‘événement incontournable pour les professionnels du 7-ème art international. Un autre festival national est celui du film de Tanger (du 21 au 29 janvier) qui constitue une véritable vitrine non seulement pour le cinéma national, mais aussi pour la ville du Détroit qui accueille aussi le Festival méditerranéen du court métrage.
Ce Festival se veut une manifestation à caractère artistique, culturel et promotionnel qui a pour objectif de favoriser le développement de la production cinématographique nationale.
Une autre rencontre cinématographique qui se veut cette fois-ci un regard croisé de femmes et d’hommes sur des questions relatives aux conditions de la femme selon une approche cinématographique qui privilégie la création et la confrontation artistique, est le Festival international du film des femmes de Salé dont la 5-ème édition s’est déroulée du 19 au 24 septembre.
En outre, la 17-ème édition du Festival international du cinéma méditerranéen de Tétouan (du 26 au 02 avril), a connu la participation de 14 pays et la projection d’une cinquantaine de films représentant la richesse cinématographique de la Méditerranée.
Cette édition, qui a été l’occasion de revisiter le 7ème art grec avec au programme la projection de plusieurs belles œuvres du cinéma hellénique (comme « L’Académie de Platon » de Fillippos Tsitos), a prévu aussi des présentations de films mexicains (comme « Espiral » de Jorge Perel Sorano).
+La musique : des festivals qui gagnent de plus en plus en notoriété+.
La musique n’est pas du reste. Des jeunes ont percé en créant des rythmes et des sons de musique nouveaux gagnant l’écoute d’un large public, à la faveur de l’élargissement des espaces d‘expression.
Des festivals se sont tenus tout au long de l’année, notamment le festival Mawazine-Rythmes (du 20 et 28 mai), avec sa programmation époustouflante pour sa 10-ème édition qui a accueilli des artistes de renommée mondiale notamment Cat Stevens, Joe Cocker et Lionel Ritchie. Mawazine existe depuis 2002 et, en dix ans d’existence, a accueilli 6538 artistes de tous bords représentant 60 pays. 764 concerts ont eu lieu en totalisant plus de 6 millions de spectateurs, soit une affluence annuelle d’environ 2,3 millions de festivaliers, selon les organisateurs.
Le concert de Shakira à Mawazine était cette année certainement l’un des moments les plus forts musicalement parlant au Maroc, une artiste que le public marocain attendait impatiemment et qui n’a pas hésité à lui offrir l’un des shows les plus chauds de sa tournée ! L’émotion était encore plus intense avec l’hommage rendu à trois grandes stars : le groupe mythique Nass El Ghiwane, le grand Abdelouhab Doukkali et enfin le légendaire Quincy Jones. Dans un tout autre répertoire, celui de musique arabe, la diva syrienne Mayada El Hanaoui, d’une présence sans égale sur scène, s’est surpassée et les spectateurs étaient par milliers à l’applaudir. La ville spirituelle, Fès, a abrité, pour sa part, la 17-ème édition du Festival des musiques sacrées du monde (du 03 au 12 juin) qui a présenté au public de vastes et magnifiques chants et rythmes de musique venant de différentes cultures du monde. De l’Amérique Latine à l’Asie du Sud-est en passant par le Maghreb et le monde arabe.
Etait programmée en ouverture de cette édition, « Leyl et Majnûn » d’Arman Amar - une œuvre majeure de la littérature classique et mystique du monde arabe et l’une des expressions lyriques puissantes arabe d’un amour-passion.
L’opéra, un autre fait marquant, a fait figure d’événement culturel au Maroc, cette année. Giacomo Puccini a offert pour la première fois au public marocain, La Tosca , un des chefs d'‘uvre lyriques de l'opéra de ce compositeur italien.
"Monter Tosca au Maroc est en tout cas un grand défi, un pari gagné, réussi de manière convaincante pour les musiciens de l'Orchestre philharmonique du Maroc (OPM)", comme l’a déclaré à la MAP, le chef d'orchestre, Benoît Girault. La leçon de cet opéra est totale.
Ces avancées ne peuvent pas cacher quelques insuffisances. La création, l’imagination, la recherche et la réflexion font encore défaut.
L’Etat ne peut pas se dédouaner de ses responsabilités en la matière, même dans les sociétés développées où l’initiative privée et le mécénat contribuent au développement culturel. Son engagement est incontournable pour l’installation d’infrastructures appropriées et l’encouragement à l’innovation pour faire advenir une connaissance, une sorte de savoir qui participe au rayonnement de la culture du pays.
Or, la culture est restée le parent pauvre dans les programmes des partis politiques lors des dernières législatives. Un choix démocratique n’est-il pas éminemment un choix culturel?.(MAP)
Endeuillée par l'attentat d'Argana, Marrakech tourne la page en persévérant sur la voie du dynamisme et du progrès
Bien qu'endeuillée par l'acte terroriste odieux, qui a soufflé le 28 avril dernier, le café Argana dans la mythique place de Jemaâ El Fna, dans une tentative démesurée de porter un coup dur au c’ur touristique de Marrakech, la cité ocre a réussi à s'en sortir indemne, déterminée plus forte que jamais à persévérer dans sa dynamique économique et touristique à pas de géant.
Certes, l'acte criminel abject d'Argana a été si dur non seulement pour les victimes, leurs familles et leurs proches mais aussi, pour l'ensemble des Marocains sans exception. Les citoyens n'ont pas en effet hésité à sortir dans les rues pour condamner vigoureusement la violence et l'obscurantisme dans un élan de solidarité et de sympathie, sans précédent, dans le but de démontrer à tout le monde que le Maroc demeurera à jamais une terre de paix, d'ouverture, de coexistence et de dialogue entre les cultures et les civilisations.
Cette solidarité effective a vite dépassé les frontières nationales, puisqu'au-delà des déclarations officielles de la communauté internationale, des groupes de touristes étrangers ont choisi la cité ocre comme destination de leur séjour et ce, pour montrer à tous que le terrorisme est aveugle et n'a pas d'origine, ni de nationalité et qu'il peut frapper à tout moment et n'importe où.
D'autres touristes ont même refusé d'écourter leur séjour dans la cité ocre après l'attentat d'Argana en continuant à profiter pleinement de leurs vacances.
+ L'élan de solidarité s'est poursuivi des mois après+.
Pour manifester cette sympathie et cette compassion avec la ville et ses habitants, des personnalités du monde de la politique, de l'art, de la science, de l'économie, de la culture et du sport ont continué à y affluer en masse, en provenance d'autres villes du Royaume comme des cinq continents, avec au menu des visites au site du drame en vue d'élever des prières pour le repos de l' me des victimes et redonner vie à la place, à ses coins comme à ses souks traditionnels et ses commerces.
Dans ce sillage et afin de conférer à la mythique Place de Jemâa El Fna sa place de choix et lui accorder tout l'intérêt qu'elle mérite, dans une tentative de panser ses blessures, un collectif associatif en partenariat avec l'université Cadi Ayyad, les autorités locales, les élus et les professionnels du tourisme ont choisi de célébrer en grande pompe le 10ème anniversaire de la proclamation de Jemaâ El Fna comme patrimoine oral et immatériel de l'humanité par l'UNESCO.
Toujours dans cet élan de solidarité avec les victimes, une action des plus originales et inédites fut initiée le 7 mai dernier, baptisée "un weekend jus d'orange", à laquelle ont été associés quelque mille personnes, dont des Marocains et des touristes étrangers.
+Capitale du tourisme incentive, Marrakech persiste et signe+.
Marrakech a toujours suscité l'admiration des organisateurs de congrès et d'événements de grande envergure. Et pour preuve, même avec une conjoncture économique internationale morose, la cité ocre a été durant l'année 2011, au rendez-vous avec une série de manifestations à vocation nationale, régionale, continentale, voire même universelle, touchant les différents secteurs économique, financier, politique, culturel, scientifique et social entre autres.
Dans ce cadre, la ville a accueilli, le 21 janvier 2011, le Forum des caisses de dépôt, un événement placé sous le thème "Le rôle des caisses de dépôt : quelle épargne pour l'investissement à long terme ?", avec la participation de 13 pays à travers le monde.
Les spécialistes de la sécurité en Afrique se sont également donné rendez-vous du 20 au 23 janvier dernier pour la deuxième conférence internationale sur la sécurité en Afrique, placée sous le thème "L'Afrique face aux défis du terrorisme, Aqmi une menace stratégique?".
Au mois d'avril, la société de Télécommunications Arabsat a tenu sa 34ème assemblée générale, alors qu'en mois de mai, Marrakech a abrité les travaux du congrès mondial de la Fédération internationale des topographes, avec la participation de 1.700 ingénieurs en provenance des quatre coins du monde.
Marrakech a eu également abrité du 24 au 28 octobre dernier, la 4ème session de la conférence des Etats parties à la Convention des Nations Unies contre la corruption.
Les neurologues du monde s'y sont retrouvés du 12 au 18 novembre dans le cadre du Congrès mondial de la neurologie, un événement qui a réuni quelque 3.000 spécialistes en provenance des 4 coins du monde. De même, du 11 au 13 décembre courant, les spécialistes de la finance et des questions boursières se sont réunis dans la cité ocre à l'occasion de la 15ème conférence annuelle de l'African Securities Exchanges Association (ASEA).
Sur le plan culturel, Marrakech n'a rien perdu de son lustre. Le long de l'année qui s'achève, elle a abrité une série d'activités culturelles et artistiques, dont le Festival International du Film de Marrakech (FIFM) qui a soufflé cette année sa 11ème bougie.
Dans le domaine sportif, outre l'organisation d'une série de manifestations d'envergure, l'événement le plus marquant fut la victoire arrachée le 4 juin dernier au nouveau Stade de Marrakech, par les Lions de l'Atlas face à l'équipe algérienne par 4 à 0, puis devant l'équipe tanzanienne par 3 à 1 (9 octobre) et ce, dans le cadre des éliminatoires de la Coupe d'Afrique (CAN 2012).
La ville a en outre accueilli le premier Salon international du Sport (15 au 20 mars), le 33ème congrès ordinaire de la Fédération internationale du Handball (2 au 5 mai) et de la Fédération Africaine du Handball (5 au 7 mai).
+ Une dynamique touristique soutenue+.
Destination phare pour nombre d'investisseurs étrangers, notamment dans le secteur hôtelier et touristique, Marrakech n'a pas connu de stress durant l'année 2011 dans la mesure où, nombre d'enseignes internationales et nationales de renommée n'ont pas manqué d'élargir leurs réseaux à travers l'ouverture de nouvelles unités hôtelières haute gamme. Il s'agit particulièrement du tout prestigieux "Four Seansons" dont la cérémonie d'inauguration a été présidée, le 9 novembre dernier, par LL. AA. RR. les Princes Moulay Rachid et Al Walid Ibn Talal Al-Saoud.
En Chiffres, les projets réalisés en 2011 ont nécessité plus de 3,5 milliards de DH et généré 5.250 emplois directs, pour une capacité litière supplémentaire de 5.360 lits.
Pour nombre de professionnels du secteur, ces performances doivent être appréhendées comme un gage de confiance en la capacité de la ville à assurer son développement et son positionnement comme destination incontournable du tourisme mondial. (MAP).
Développement des provinces du sud en 2011: Des projets structurants pour des pôles compétitifs
Le renforcement des infrastructures et des équipements de base et la consolidation de l'armature urbaine des différents pôles régionaux de développement sont les principaux objectifs des programmes et partenariats mis en ‘œuvre au cours de l'année 2011 à l'échelle des provinces du sud du Royaume.
S'inscrivant dans la continuité des efforts consentis depuis des années pour le l'amélioration du cadre de vie des habitants, le raffermissement de l'attractivité de cette partie du Royaume et la consolidation de son essor socioéconomique, les programmes et projets initiés en cette année ont porté notamment sur l'aménagement d'une zone industrielle au nouveau port de Boujdour pour 80 millions de DH, d'une zone d'activités économiques à Laâyoune sur 140 ha et d'une plate-forme économique dans la province d'Aousserd pour une enveloppe (7 MDH).
L'année 2011 a été également marquée par le démarrage du projet d'extension du nouveau port de Dakhla pour un coût global estimé à 400 millions de DH, le lancement des travaux d'aménagement du port de Tarfaya (12 MDH), outre le coup d'envoi du programme Rawaje pour l'équipement et la modernisation des commerces et points de vente dans les région de Oued-Eddahab-Lagouira et La youne-Boujdour-Sakia-El Hamra.
Dans le secteur des routes, il a été procédé au lancement des travaux de construction de la route provinciale 1100 reliant la route nationale 1 à la commune de Bir Gandouz pour un coût global de 60,3 millions de DH, d'aménagement de la route de Smara dans la ville de La youne pour un coût estimé à 70 millions. S'y ajoutent l'extension de la route reliant Akhfenir à Khnifiss (province de Laâyoune) pour près de 39 millions, l'inauguration de la route littorale reliant Tarfaya à Foum El-Ouad (29 millions) et la construction d'un pont sur Oued Adri entre Tarfaya et Tan Tan (21millions).
En 2011, le secteur de l'éducation et de la formation a été consolidé par le lancement des travaux de construction d'une école supérieure de technologie à Laâyoune et la création de classes préparatoires aux écoles supérieure et d'un institut de formation des infirmières à Dakhla.
A Dakhla, il y a lieu également de citer la pose de la première pierre en 2011 pour la construction de quatre terrains de proximité, de deux centres de santé, de cinq nouveaux établissements d'enseignement, d'une maison de la culture et de trois établissements hôteliers (plus de 300 millions DH), outre l'inauguration d'un établissement de Dar Attaliba au quartier Al-wahda et d'une médiathèque moderne qui comprend un musée de la culture sahraouie.
Cette dynamique de rénovation urbaine et de consolidation des équipements socioéconomiques dans les provinces du sud s'est caractérisée, par ailleurs, par la poursuite des travaux de mise en œuvre de différents projets et programmes lancés au cours des dernières années.
Il s'agit notamment des projets en cours pour la création à Dakhla d'un centre de conférences et d'accueil, d'un nouveau complexe artisanal, d'une piscine semi-olympique, d'un conservatoire de musique d'une gare routière au quartier Nahda et d'une piste d'athlétisme, outre une médiathèque municipale et une gare routière à Laâyoune et un centre d'accueil et une maison de jeunes à Smara.
A ces projets s'ajoutent également le lancement du programme de recasement des habitants des maisons insalubres et d'équipement de quartiers sous-équipés à Dakhla et le démarrage du projet d'aménagement de routes et de chaussées à Smara.
Sur le plan sportif, l'année 2011 a été marquée par la consécration de l'équipe de Wydad Smara qui a participé à la 27ème Coupe d'Afrique des vainqueurs de Coupe de Hand tenues au Cameroun.
Le secteur sportif dans les provinces du sud a été par ailleurs consolidé par de nouvelles structures avec l'achèvement du projet de revêtement du stade Moualy Rachid en gazon artificiel, l'inauguration d'un club socio-sportif à Laâyoune et d'une salle omnisport à Dakhla.
L'année a par ailleurs était particulièrement riche en évènements dans les provinces du sud qui ont accueilli de grandes manifestations culturelles, sportives et scientifiques, illustrant le rayonnement dont jouit, désormais, cette partie du Royaume. (MAP).
2011, l ‘année de tous les succès pour la diplomatie marocaine
L ‘année 2011 a été particulièrement riche pour la diplomatie marocaine qui a réussi à confirmer un certain nombre d ‘acquis cumulés durant la dernière décennie.
De la promotion de l ‘intégrité territoriale de notre pays, jusqu‘au rapprochement entre le Maroc et son entourage maghrébin, arabe, africain et européen, en passant par le renforcement de la présence du Royaume dans les plus hautes instances politiques et économiques mondiales, l‘appareil diplomatique a multiplié les succès durant cette année, à marquer d ‘une pierre blanche.
"Le Maroc est en droit d ‘être fier des acquis réalisés au niveau de sa diplomatie politique, économique et sociale, lesquels doivent être renforcés pour relever les défis du 21ème siècle, notamment ceux relatifs à la mondialisation et à la crise économique internationale", a déclaré M.Tajeddine El Houssaini, professeur universitaire et membre de la commission des personnalités éminentes de l ‘Organisation de la conférence islamique (OCI).
Concernant la question du Sahara, placée en tête des priorités, M. El Houssaini estime que la diplomatie marocaine a réussi à convaincre la communauté internationale du bien-fondé de l‘initiative marocaine accordant une large autonomie aux provinces du Sud dans le cadre de la souveraineté nationale.
Besoin d ‘une diplomatie offensive et convaincante pour consacrer davantage la prééminence de l‘initiative marocaine d ‘autonomie
Tout en s ‘appuyant sur les acquis accumulés à la faveur de la multiplication des annonces de retrait de reconnaissance de la prétendue RASD et de la large adhésion suscitée autour de l ‘initiative marocaine d ‘autonomie, la diplomatie "doit jouer à fond ses cartes pour expliquer davantage la richesse et la pertinence de l ‘initiative marocaine", ajoute cet expert auprès de l ‘Académie du Royaume.
Il plaide, dans ce sens, pour une mobilisation sur tous les fronts et le déploiement d ‘une politique offensive au niveau des organisations internationales et régionales, dans la perspective de l ‘adoption définitive de cette proposition par le conseil de sécurité de l ‘ONU qui l ‘a déjà qualifiée de crédible et sérieuse.
La pertinence et la dynamique insufflée par l ‘offre marocaine ont été d ‘ailleurs saluées par nombre de personnalités et instances étrangères qui ont réitéré leur soutien résolu au projet d ‘autonomie. A titre d ‘illustration, le député européen M. Gilles Pargneaux considère que le plan d ‘autonomie est de "nature à réconcilier et sécuriser la région tel que nous le souhaitons, nous les parlementaires européens".
L ‘initiative marocaine a eu aussi des échos positifs auprès du Royaume-Uni. Le parlement britannique a estimé, ainsi, dans un rapport sur les élections législatives au Maroc, qu‘"en 2007, le Maroc a fait une initiative sérieuse pour faire avancer les négociations (sur la question du Sahara), en offrant une autonomie au territoire sous souveraineté marocaine", rappelant que l'ancien Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations-unies pour la question du Sahara, avait conclu en 2009 que "l'indépendance n'était pas une option réaliste" pour régler la question.
Le Maroc, partenaire pour la démocratie du Conseil de l ‘Europe, une distinction particulière confortant le Royaume dans ses choix stratégiques
Après le Sahara, le rapprochement avec l ‘Europe constitue le deuxième grand succès de l ‘appareil diplomatique marocain. Quatre ans après le statut avancé, l ‘octroi au Maroc du statut de "Partenaire pour la démocratie" auprès de l ‘Assemblée parlementaire du Conseil de l ‘Europe, illustre la crédibilité de l ‘expérience démocratique et des choix stratégiques du Maroc, tout en consolidant un partenariat stratégique très étroit.
"Maintenant que le Maroc est devenu notre premier partenaire pour la démocratie, le Conseil de l ‘Europe acquiert une dimension nouvelle. Une dimension qui peut être comparée à ce que nous avons vécu après la chute du mur de Berlin", s ‘est félicité Mlvut Cavusoglu, président de cette institution parlementaire paneuropéenne à l ‘issue du vote à l ‘unanimité de la résolution entérinant ce statut.
Pour M. Taj Eddine, le statut avancé et celui de partenaire pour la démocratie sont des acquis qui doivent être renforcés par un travail constant au niveau de l ‘Union pour la Méditerranée (UpM) dont le secrétaire général n ‘est autre que le Marocain Youssef Amrani.
C ‘est dans cet ordre d ‘idées que le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, avait déclaré que le Maroc est un acteur "absolument essentiel" de l'Union pour la Méditerranée qui doit favoriser "l'intégration régionale intermaghrébine escomptée dans le cadre de cette Union".
L ‘intégration inter-maghrébine, une option stratégique
Cette intégration maghrébine a longtemps été érigée en priorité de la politique étrangère du Maroc, qui a réaffirmé, à maintes reprises, son engagement en faveur de l ‘édification de l ‘espace maghrébin en tant que choix stratégique, opportunité économique et exigence sécuritaire, un engagement qui a été exprimé au plus haut niveau de l ‘Etat.
Dans son discours du 6 novembre dernier, à l ‘occasion de la célébration du 36ème anniversaire de la Marche verte, SM le Roi Mohammed VI a affirmé que "le Maroc réitère sa disposition à tout mettre en œuvre, tant sur le plan bilatéral - et notamment avec l'Algérie sœur, dans le cadre de la dynamique constructive actuelle - qu‘au niveau régional, pour la concrétisation commune des attentes des générations présentes et à venir qui aspirent à l ‘avènement d ‘un ordre maghrébin nouveau"( ‘), qui "serait un véritable moteur de l‘unité arabe, un partenaire agissant de la coopération euro-méditerranéenne, un facteur de stabilisation et de sécurisation de la zone sahélo-saharienne, et un acteur structurant de l‘intégration africaine ».
C‘est dans ce cadre que s ‘inscrit la main tendue du Maroc en vue d ‘une normalisation des relations et d ‘une réouverture des frontières entre les deux pays.
Selon Tajeddine El Housseini, une normalisation avancée des relations entre le Maroc et l ‘Algérie, considérés comme les principaux piliers de l ‘intégration maghrébine, est de nature à favoriser l ‘édification du Grand Maghreb, condition de survie face aux enjeux de la crise économique mondiale.
A ses yeux, le vent de changement démocratique qui souffle dans la région représente une occasion judicieuse que la diplomatie marocaine doit saisir pour relancer le processus d ‘intégration maghrébine.
C‘est d ‘ailleurs cet engagement irrévocable du Maroc en faveur du rapprochement entre les pays du Maghreb qui a déterminé sa position vis-à-vis de l ‘offre d ‘adhésion au Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui lui a été adressée en mai dernier. "Nous sommes toujours disposés à coopérer avec le CCG, mais en protégeant la relation historique que nous avons avec la région du Maghreb", a affirmé le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Taib Fassi Fihri, qui voulait lever tout équivoque sur l ‘engagement de principe que le Maroc a pris vis-à-vis de l ‘Union du Maghreb arabe (UMA).
La diplomatie marocaine engrange les dividendes du processus de démocratisation en cours dans le Royaume
Outre son succès en matière de raffermissement des relations entre le Maroc et son entourage arabe, la diplomatie marocaine peut se targuer d ‘avoir pu mettre en valeur, à l ‘échelle internationale, le processus de réformes enclenché dans le Royaume depuis le discours historique du 9 mars dernier.
C‘est ainsi que l ‘influent G8, qui regroupe les plus grandes puissances économiques du monde, a décidé, en septembre dernier, d ‘inclure le Royaume parmi les pays soutenus financièrement pour leurs réformes, ce qui faisait dire au journal El Pais que "Rabat a réussi à marquer un autre point au Maghreb, sur le plan géostratégique".
Certes, cette nouvelle vague de démocratisation a été pour beaucoup dans le vote massif en faveur de l ‘élection du Maroc comme membre non permanent du
Conseil de sécurité, ce que la France a considéré comme une consécration de la diplomatie "responsable et efficace" du Maroc sur le continent africain.
Il s ‘agit, selon Tajeddine El Houssaini, d ‘un autre signe de prestige que la diplomatie marocaine se doit de mettre à profit pour défendre son intégrité territoriale.
Pour le politologue et professeur de droit, Mustapha Sehimi, le meilleur capital qui doit être mis en avant par la diplomatie marocaine, c ‘est "le label réformes du Maroc".
"La valeur ajoutée dont dispose le Maroc, par rapport aux précédentes décennies, est bien la démocratisation engagée depuis une dizaine d ‘années et dont le scrutin du 25 novembre dernier est une nouvelle illustration", relève-t-il.
Mieux encore, en réussissant cette épreuve de démocratie, le Royaume peut inspirer, d ‘après M. Sehimi, d ‘autres pays voisins pour réussir consécration d'un système démocratique.
Autant de réalisations et autres qui ont fait de la machine diplomatique marocaine un puissant levier de promotion de l ‘image du Maroc à l ‘échelle mondiale et de défense de ses intérêts suprêmes. Toutefois, le besoin se fait sentir, plus que jamais, pour la mobilisation de tous les intervenants, officiels ou non, de manière à créer une réelle synergie autour des grandes causes nationales et à accroître la force de frappe de l ‘appareil diplomatique.
M. Sehimi souligne ainsi la nécessité de développer une diplomatie parlementaire et de la société civile qui ‘œuvre côte à côte avec la diplomatie étatique. De nos jours encore, ces deux types d’action diplomatique, qu’on appelle communément diplomatie non-gouvernementale ou diplomatie parallèle, demeurent sous-investis. (MAP).
Sahara : la nouvelle donne régionale exige un retour rapide au cadre formel
L'Afrique du Nord connaît l'un des moments les plus forts de son histoire depuis les indépendances, créant une nouvelle dynamique géopolitique dans la région qui devrait augurer d'une accélération des résolutions des différends en suspens, notamment celui du Sahara marocain et un retour rapide au cadre formel des négociations.
Après 12 rounds de pourparlers, dont huit informels tenus sous l'égide des Nations Unies en vue de déboucher sur une solution politique à la question du Sahara dans l'intérêt des peuples du Maghreb et de la sécurité régionale, l'impasse n'a jamais été aussi inquiétante.
"Même s'il y a déjà eu plusieurs rounds, les perspectives sur le court terme ne sont pas très claires", constatent des diplomates onusiens.
Pourtant, la nouvelle dynamique créée à la faveur du projet de société choisi par les Marocains, mais également par les soubresauts qui secouent le voisinage immédiat et laissent entrevoir de sérieuses menaces quant à la sécurité et la stabilité en Afrique du Nord et au-delà dans la bande sahélo-saharienne, exige un "retour rapide" au cadre formel des négociations.
Le "temps est désormais à l'action et à la mise en œuvre prompte et fidèle des résolutions du Conseil de sécurité", estiment ces diplomates. Tout en reconnaissant "l'utilité et le mérite des rencontres informelles" et des activités parallèles qui les accompagnent, le Maroc appelle de ses vœux à un retour au cadre formel pour la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité, a déclaré à la MAP, un diplomate onusien.
A l'instar du Conseil de sécurité, l'Assemblée générale a appelé, à nouveau, la semaine dernière toutes les parties à apporter la "démonstration de leur volonté politique de dépasser les blocages et les clivages" afin d'entrer dans une phase de négociation intensive et substantielle pouvant garantir la progression vers une solution définitive à ce différend.
Une solution négociée basée sur le réalisme et l'esprit de compromis à la question du Sahara revêt un caractère prioritaire dans le nouvel ordre régional au Maghreb marqué par de profonds changements et toujours sous la menace de la nébuleuse terroriste, soulignait récemment à New York, l'ancien représentant spécial du secrétaire général de l'Onu pour le Sahara, Erik Jensen.
Dans cette perspective, l'initiative marocaine d'autonomie reste la solution la plus réaliste à ce conflit d'un point de vue américain tout comme français ou espagnol, a insisté cet ancien haut responsable onusien, qui a exercé dans la région de 1993 à 1998.
Pour M. Jensen, depuis les évènements qui ont secoué la région d'Afrique du Nord et du Moyen Orient (MENA), l'ancien ordre, quand il n'a pas totalement disparu, a connu de grands défis. Mais dans tous les cas, selon lui, un nouvel ordre doit émerger pour accompagner la nouvelle génération de populations, en majorité des jeunes, bien éduqués, aspirant à une vie meilleure et mieux au fait de leur environnement immédiat et international.
Les jeunes séquestrés dans les camps de Tindouf en Algérie s'inscrivent eux-aussi dans cette optique. Dans l'attente d'une résolution définitive de ce différend régional, les séquestrés des camps de Tindouf sont privés des droits les plus élémentaires dont ceux relatifs à la liberté d'opinion, d'expression et de mouvement. Ils n'ont même pas droit au recensement, pourtant garanti par le droit humanitaire internationale et dont a fait appel la dernière résolution du Conseil de sécurité sur le Sahara.
Lassés de la politique attentiste qui a prévalu des décennies durant, ces jeunes aspirent à des temps meilleurs sous d'autres cieux. Que leur restent-ils ? Fuir. Au mieux pour regagner la patrie, car séduits par une place au soleil dans le cadre de la proposition d'autonomie et de la nouvelle Constitution, quand ils ne sont pas interceptés - Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud en a fait l'amère expérience. Au pire tomber dans l'escarcelle de la grande criminalité qui sillonne le Sahel et où les milices terroristes du "polisario" ont élu domicile.
Les récents enlèvements d'occidentaux notamment à l'intérieur des camps de Tindouf et dont la complicité d'éléments du polisario y est maintenant établie, ainsi que les incursions dans des Etats souverains confirment cette réalité inquiétante.
De nombreux observateurs de la question maghrébine avaient, à plusieurs reprises, tiré la sonnette d'alarme dans ce sens. Le Maroc, vit dans un "voisinage turbulent et dangereux", soulignait l'ancien ambassadeur américain au Maroc, Marc Ginsberg, alors qu'Erik Jensen mettait en garde contre un "Sahélistan aux portes du Maghreb".
Ces changements en cours dans le monde, à la fois alarmants et porteurs d'espoir, encouragent à discuter, justement, d'une large autonomie respectueuses des spécificités locales, qui reste la "solution la plus réaliste".
De même, la nouvelle Constitution tout en consacrant l'identité plurielle du Maroc élargit les libertés individuelles, promeut les droits de l'Homme et garantit l'indépendance du pouvoir judiciaire, dans le cadre d'une véritable démocratie parlementaire.
Pour de nombreux analystes, "le processus démocratique et le respect des droits de l'Homme permettent à l'initiative d'autonomie de prendre pleinement corps" et démontre à nouveau la volonté politique du Maroc et sa faculté à s'adapter à la nouvelle donne régionale.
Aujourd'hui, le moment est venu pour "repenser et saisir" les nouvelles opportunités offertes par les mutations en cours dans la région arabe et maghrébine, estime-t-on.
Pour l'ancien représentant du secrétaire général de l'ONU au Sahara, il est évident que le conflit du Sahara constitue le plus grand obstacle devant la réalisation de l'Union du Maghreb. Une union qui offre aux pays d'Afrique du nord de brillantes perspectives de développement économique dans le cadre d'un Maghreb stable et prospère pour faire face aux défis futurs.
"L'amélioration perceptible des relations maroco-algériennes peut ouvrir de nouvelles perspectives à cette question dans le cadre de la large autonomie", proposée par le Royaume, a indiqué à la MAP une source diplomatique onusienne. Un partenariat régional et une coopération effective couplés à une véritable démocratie sont, pour lui, les meilleures armes pour contrer la nébuleuse terroriste.
Dès lors, échouer dans la résolution du conflit du Sahara n'est pas uniquement un échec pour les aspirations des peuples de la région, mais une porte ouverte à tous les périls. (MAP).
Rétrospectives 2011: Le football redore son blason, l'athlétisme domine la scène arabe et le cyclisme renoue avec les JO
Le sport marocain, tant au niveau individuel que collectif, a réalisé des exploits indéniables en 2011, une année où le succès a souri à nombre de disciplines, à l'instar du football, de l'athlétisme et du cyclisme, qui a renoué avec le rendez-vous olympique.
Cette année, le football, sport roi, a émergé du lot et a pu retrouver sa place de choix sur la scène continentale, qu'il s'agisse des sélections nationales ou des clubs.
Ainsi, les Lions de l'Atlas ont validé haut la main leur billet pour la phase finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN-2012), co-organisée par le Gabon et la Guinée équatoriale (21 janvier -12 février).
Les coéquipiers de Marouane Chamakh, absents de la CAN 2010 en Angola, avaient dominé la poule D des éliminatoires avec un total de 11 points, devant la Tanzanie, l'Algérie et la république centrafricaine.
De leur côté, les olympiques, qui avaient raté le rendez-vous de Pékin-2008, ont réussi à renouer avec la fête olympique (27 juillet-12 août), en se qualifiant pour la finale du championnat d'Afrique des moins de 23 ans de football, disputé à Tanger et Marrakech (26 novembre-10 décembre).
Les hommes du technicien néerlandais Pim Verbeek, qui signeront leur 7è participation aux JO, ont été défaits en finale par le Gabon (1-2).
Et comme en 2010, le football national était au rendez-vous avec un autre exploit historique, dont le protagoniste était le Moghreb Fès, qui a emboité le pas au FUS de Rabat, en s'adjugeant la Coupe de la Confédération africaine de football (CAF), au détriment du Club Africain, un des ténors du football tunisien.
De son côté, le Wydad de Casablanca a été sacré vice-champion d'Afrique de la Ligue des Champions, après sa défaite en finale devant les Tunisiens de l'Espérance de Tunis par 1 but à 0. Les deux équipes n'ont pas pu se départager à l'aller à Casablanca (0-0).
Si la sélection nationale des moins de 20 ans, conduite par l'ex international marocain Hassan Benabicha, avait remporté le championnat arabe, qui s'est déroulé à Rabat, aux dépens de son homologue d'Arabie Saoudite (3-1), l'équipe nationale féminine a trébuché dès le premier tour des éliminatoires africaines qualificatives aux JO, en perdant devant la Tunisie (aller 0-3, retour 1-0).
La sélection marocaine des moins de 17 ans a clos la saison en apothéose en remportant la coupe de l'Union nord-africaine de football (UNAF), en s'imposant en finale devant son homologue algérienne par 2 buts à 0 (mi-temps 1-0), vendredi au stade Prince Moulay El Hassan à Rabat.
Et alors que l'athlétisme national a présenté une image en demi-teinte à l'échelle mondiale, les athlètes marocains ont mené la danse aux niveaux africain et arabe, en monopolisant la quasi totalité des titres en jeu, grâce à des éléments jeunes, ambitieux et prometteurs, qui semblent déterminés à porter le flambeau d'un sport qui faisait naguère la fierté de tous les Marocains et des arabes.
Toutefois, le sport national a, pour la quatrième fois d'affilée, échoué à monter sur le podium des 39èmes mondiaux de Cross Country qui s'étaient tenus à la ville espagnole de Punta Umbria (Sud). Les résultats furent modestes au niveau des sélections hommes et dames, qui s'étaient contentées, dans l'ordre, des 13è et 14è loges.
A l'opposé, l'équipe nationale juniors, garçons et filles, a montré une nette amélioration, en occupant, respectivement, les 5è et 8è places.
A Daegu, en Corée du sud, qui a accueilli la 13è édition des championnats du monde, l'athlétisme national a raté le coche, même si le bilan demeure relativement positif par rapport à l'édition de Berlin 2009.
Certes, certains résultats ont été choquants, d'autant que de grands espoirs étaient fondés sur des athlètes qui représentaient de grandes chances de gagner des médailles, à l'instar d'Amine Laalou et Halima Hachlaf, tous deux éliminés au stade des demi-finales, d'une manière pour le moins inexplicable et qui a laissé perplexe le staff technique national qui les a considérés comme des candidats potentiels aux titres du 1500 m et 800 m.
La seule satisfaction des mondiaux Coréens, fut, sans nul doute, la 4è place occupée par Btissam Lakhouad (1500 m), qui a été à deux doigts de l'emporter, n'était-ce son mauvais sprint final. Même son de cloche chez Yahya Berabah, sauteur en longueur et détenteur de la 4è meilleure performance mondiale de l'année (8,40 m), qui, pour sa cinquième participation aux championnats du monde, a échoué au pied du podium.
De leurs côtés, Abdelaati Iguider, vice-champion du monde indoor et Mohamed Moustaoui, ont occupé, respectivement, les 5è et 6è places (1500 m).
Les marathoniens marocains, à leur tête Abderrahim Bouramdane (4è) aux côtés de Rachid Kisri (11è) et Ahmed Bday (27è), ont obtenu la médaille de bronze de la coupe du monde de marathon par équipes aux mondiaux de Daegu.
Par contre, l'athlétisme national est monté sur le podium des mondiaux juniors, grâce à l'exploit de la jeune Fadoua Sidi Madane, qui a décroché l'argent du 2000 m steeple, alors que la sélection nationale juniors s'est contentée de la 6è place aux 10èmes championnats d'Afrique, qui se sont déroulés dans la capitale du Botswana Gaborone (12-15 mai), en raflant 5 médailles (3 or, 1 argent et 1 bronze), dans des disciplines techniques (disque, javelot, saut en longueur, triple saut et saut en hauteur).
Sur le plan continental, le Maroc a pris la 2è place derrière le Kenya, à la première édition des championnats d'Afrique de cross country, disputée à Cape Town (Afrique du Sud), deux semaines avant les Mondiaux, qui se sont déroulés le 20 mars à Punta Umbria, en Espagne.
Le Maroc a récolté lors de cette compétition, qui a réuni 19 nations, quatre médailles: trois d'argent, remportées par les équipes juniors garçons et filles et seniors dames et une de bronze, décrochée par les seniors hommes.
L'athlétisme national s'est également imposé lors des 17è Championnats arabes aux Emirats arabes unis (26-29 octobre) et les 12è Jeux panarabes, au Qatar (9-23 décembre).
A Al-Ain (EAU), les Nationaux ont remporté le titre arabe, en rafflant 27 médailles (10 or, 9 argent, 8 bronze), conservant ainsi leurs titres des années 2007 à Amman et 2009 à Damas.
Un mois après, les sportifs marocains ont dominé les épreuves d'athlétisme des Jeux Panarabes à Doha, remportant 24 médailles: 11 d'or, 4 d'argent et 9 de bronze.
Le cyclisme marocain, lui, a retrouvé son aura, notamment en se qualifiant aux JO-2012, après avoir dominé le classement Africa Tour par équipes et individuel (Adil Jelloul).
Les coureurs marocains retrouvent ainsi cette grand-messe du sport mondial pour la première fois depuis l'édition 1984 à Los Angeles, lors de laquelle le Maroc était représenté par le Quatuor : Mustafa Nejjari, actuel DTN, Mustapha Afandi, Brahim Benbouila et Ahmed Rhaili.
Sur le plan national, Mouhcine Lehssaini a remporté le titre de la 24è édition du Tour du Maroc, devenant le deuxième Marocain à réaliser cette performance, 46 ans après le légendaire Mohamed El Gourche, triple vainqueur de cette compétition (1960, 1964, 1965). La sélection marocaine seniors, elle, a décroché le titre par équipes.
Les Nationaux se sont également distingués lors des Jeux Panarabes, en remportant le titre avec cinq médailles: trois en or, Œuvres de Jelloul (course sur route), Asmaa Namli (contre-la-montre) et de l'équipe masculine (contre-la-montre) et deux d'argent, décrochées par Lehassaini (contre-la-montre) et l'équipe masculine dans la course sur route.
Le Maroc a également signé des résultats honorables dans d'autres disciplines. Ainsi, aux championnats du monde de taekwondo, en Corée du sud, l'équipe nationale a remporté trois médailles: une d'argent par le biais de Lamiaa Bekkali (-53 kg) et deux de bronze, remportées par Sanaa Atabrour (-49 kg) et Issam Charnoubi (-80 kg).
Cependant, lors des Jeux Panarabes, les taekwondoistes marocains se sont contentés de la 4è place avec 11 médailles (3 or, 1 argent, 7 bronze).
En natation, Sara El Bakri (24è) s'est particulièrement distinguée cette année. Après avoir composté très tô t son ticket pour les JO-2012, la jeune nageuse a glané cinq médailles d'or et autant d'argent, dont une d'or et une autre d'argent avec l'équipe nationale.
La meilleure sportive marocaine de l'année 2010, étoffe ainsi un palmarès déjà riche, avec notamment six médailles aux championnats d'Afrique, disputés l'année dernière à Casablanca (2 médailles d'or, 3 d'argent et 1 de bronze) et dont elle a été désignée meilleure nageuse et cinq médailles lors des Jeux Panarabes 2007 au Caire.
Les boxeurs ont également contribué à la récolte marocaine à Doha, en dominant le classement de cette épreuve avec quatre médailles d'or, une d'argent et deux de bronze, alors que les Nationaux ont pris la deuxième place en golf (1 médaille d'or, 1 d'argent et 1 de bronze) et au judo (14 médailles: 4 or, 2 argent, 8 bronze) et récolté 11 médailles au karaté (3or, 1 argent, 7 bronze).
A rappeler que le Maroc, qui a participé à 23 disciplines sportives, a terminé 3è au tableau final des médailles des Jeux Panarabes (113 médailles: 35 or, 24 argent, 54 bronze).
Les sportifs de Special Olympics Maroc étaient également présents lors des 3è Jeux Mondiaux d'été (juillet à Athènes), en glanant 34 médailles (9 d'or, 9 d'argent, 16 de bronze), avec un apport particulier des nageurs (3 médailles d'or, 4 d'argent et 2 de bronze).
A noter par ailleurs que l'année 2011 n'est pas passée sans deuil. Le sport national a ainsi perdu Abderrahman Belmahjoub (Prince du Parc), ancien international et entraîneur de l'équipe marocaine (79 ans) considéré comme l'un des plus grands joueurs marocains de tous les temps, le jeune Zakaria Zerouali, joueur du Raja de Casablanca et de la sélection nationale et Abdelaziz Msioui, une des figures emblématiques du sport national.(MAP)
2011, l'année où le football marocain reprit des couleurs
L'année 2011 sera gravée dans les annales du sport national comme l'année où le football national a repris des couleurs, tant au niveau des sélections nationales, toutes catégories confondues, et des clubs, qui ont eu à relever le défi d'un professionnalisme tant attendu, que sur le plan de l'infrastructure et de l'organisation au Maroc d'événements internationaux.
Au-delà des résultats sportifs, qui restent encourageants après des années de disette, c'est l'esprit régnant dans les milieux footballistiques qui donne aujourd'hui l'espoir de voir le ballon rond national entrer dans une ère de prospérité, dont la pérennité est possible grâce à une approche globale qui touche tous les aspects du sport le plus populaire au Maroc.
Ainsi, le Royaume semble commencer à recueillir, lors de cette année, le fruit d'un travail ardu et obéissant à des objectifs fixés, à commencer par la restructuration de la direction technique de manière à toucher toutes les tranches d'âges et de préparer la relève, en passant par la mise à niveau de l'infrastructure et des clubs nationaux dans le cadre de la professionnalisation du championnat national et en terminant par l'amélioration des capacités organisationnelles du Maroc à travers la multiplication des événements sportifs.
Une dynamique qui semble être suivie par les clubs, qui ont commencé à regagner du terrain sur le plan continental, ce qui traduit des efforts entrepris sur les plans administratif, financier et technique par ces entités.
+Lions ou Lionceaux de l'Atlas, ça gagne+.
A la veille d'une année 2012 olympique et africaine (CAN-2012), les différentes sélections nationales ont été au rendez-vous pour s'assurer une place sous les feux des projecteurs.
Les Lions de l'Atlas, qui avaient entamé l'année dans le doute, après une défaite (0-1) à Annaba devant l'équipe algérienne, en éliminatoires de la CAN-2012 (groupe D/3è journée), fin mars, se sont repris de la plus belle manière en battant les Fennecs par 4 buts à 0, début juin à Marrakech.
Ils ont, ensuite, enchainé par un nul (0-0) sur la pelouse des Centrafricains, en septembre, et une victoire (3-1) sur la Tanzanie, début octobre, également dans la ville ocre, pour poinçonner l'unique ticket en jeu dans ce groupe pour la compétition, prévue du 21 janvier au 12 février au Gabon et en Guinée équatoriale.
Après un début d'éliminatoires qui laissait à désirer, Kherja et amis ont redressé, ainsi, la situation et rassuré leur inconditionnel par leur rage de vaincre et leur présence sur la pelouse.
Un état d'esprit, qui semble inspirer les autres catégories, qui ont suivi cette cadence, notamment l'équipe olympique qui, après un parcours régulier, au vu de l'instabilité de l'effectif liée à des raisons de calendrier, a couronné ses efforts par une qualification à la finale du championnat d'Afrique des U23 ans, synonyme de billet pour Londres-2012.
Certes, le dénouement n'a pas été à la hauteur, après une défaite (1-2) en finale devant le Gabon, révélation de ce championnat, qui devait avoir lieu en Egypte avant d'être attribué au Maroc, mais l'essentiel a été fait pour cette jeune équipe, qui incarne les espoirs d'un avenir rayonnant pour le football national.
Cet espoir pour l'avenir a été également représenté par l'équipe nationale des U17 ans, qui vient de remporter le championnat de l'UNAF de cette catégorie avec brio, mais a surtout permis l'éclosion de quelques noms qui pourraient défendre les couleurs nationales dans deux ans, à la CAN-2013 cadets prévue au Maroc, voire même dans quatre ans, à la CAN-2015 seniors.
+MAS et WAC, sur les traces du FUS+.
Si en 2010, le FUS avait fait exception en remportant la coupe de la CAF, la présence des clubs marocains sur la scène continentale en 2011 était plus remarquable, avec notamment un vainqueur, à savoir le Moghreb de Fès, qui a succédé au palmarès au club rbati, aux dépens des Tunisiens du Club Africain, et un finaliste, en l'occurrence le Wydad de Casablanca, qui a cédé sans démériter en Ligue des champions, face à l'Espérance de Tunis.
Sur les deux autres équipes marocaines engagées, le Raja est allé jusqu'à la phase de poule de la Ligue des champions, mais n'a pas pu poursuivre son aventure africaine, suite à une période de vide de laquelle le club casablancais commence juste à se remettre, alors que le Difaa d'El Jadida a résisté jusqu'au 3ème tour de la Coupe de la CAF, avant de céder devant les Angolais d'Interclube (3-0, 2-2).
Force est donc de constater que le rendement des clubs marocains s'est nettement amélioré en compétitions africaines, mais reste à savoir si c'est un fait exceptionnel qui ne risque pas de se reproduire dans le futur immédiat, ou le fruit d'un travail de fond.
Sur ce registre, seul le MAS présente un modèle fiable d'une équipe qui a doucement préparé son ascension, en se basant notamment sur une stabilité tactique en la personne de Rachid Taoussi et un recrutement ciblé, alliant produits de l'école et éléments ayant fait leur preuve sur le plan national.
Des ABC de la réussite à long terme (à côté de la bonne gouvernance et de la transparence) que les dirigeants de clubs devront assimiler et appliquer pour se mettre à niveau avec un professionnalisme qui commence à prendre corps à partir de cette année, au risque de rater une occasion en or de faire du football un véritable secteur créateur de richesse.
+Le Maroc, terre de rencontres sportives+.
En plus des victoires sur la pelouse, le football national s'est également distingué dans les coulisses des instances footballistiques, avec comme cheval de batail l'organisation de plusieurs compétitions sur le sol national, dans le cadre d'une politique globale qui vise la promotion du sport en général dans le Royaume.
Sur ce plan, l'année 2011 a été riche en réalisations, dans la mesure où l'agenda national comprend désormais des rendez-vous continentaux et mondiaux et pas des moindres.
Le début de l'année a été prometteur, avec la désignation, le 29 janvier, du Maroc, par le Comité exécutif de la CAF, pour l'organisation de la CAN seniors en 2015 et de la CAN cadets en 2013, deux événements qui seront de nature à donner un coup de pousse au ballon rond national.
Ce retour avec force sur la scène africaine ne s'est pas fait, cependant, aux dépens de l'ouverture sur le football mondial, qui constitue une tradition du Maroc, multiple candidat pour l'organisation du Mondial senior.
Mais cette fois-ci la démarche a été raisonnable et calculée et s'est soldée par la décision de la FIFA, mi-décembre, de confier l'organisation de la Coupe du monde des clubs en 2013 et en 2014 au Maroc, qui devient ainsi le premier pays africain à abriter ce rendez-vous international.
Cette orientation ne pouvait être complète sans le renforcement de l'infrastructure et l'amélioration des compétences nationales en matière d'organisation.
Dans ce sens, l'année 2011 a vu la naissance de deux bijoux architecturaux, en l'occurrence les grands stades de Marrakech, le 5 janvier, avec au programme deux matches amicaux ayant opposé le Kawkab de Marrakech à l'Olympique Lyonnais (0-0) et le Wydad Casablanca au Paris Saint-Germain (1-1) et de Tanger, ouvert le 26 avril par deux matches amicaux qui ont opposé l'Ittihad de Tanger et le Raja de Casablanca, respectivement aux équipes B (1-1) et A (4-2) de l'Athletico Madrid.
Ces deux nouvelles structures sportives allaient, justement, abriter le premier grand événement organisé sur le sol marocain, à savoir le championnat d'Afrique des U23 ans, qualificatif pour les JO-2012.
Cette compétition, qui devait avoir lieu, dans un premier temps, en Egypte, avant le désistement de cette dernière, a permis de mesurer toute l'importance que peut avoir le rôle du public pour pousser les équipes nationales vers la réalisation de leur objectif. Une expérience qui laisse entrevoir que les quatre prochaines années seront riches en performances. (MAP)
Ils nous ont quittés
L’année 2011 a vu la disparition de plusieurs personnalités, dont des intellectuels, diplomates, sportifs, artistes et militants associatifs, dont les noms demeureront gravés dans la mémoire collective nationale.
Après une vie de sacrifice et de militantisme, feu SAR Lalla Aicha, fille de feu SM Mohammed V, s’ur de feu SM Hassan II, et tante de SM le Roi Mohammed VI, a rendu l’âme, le 4 septembre 2011.
La défunte s’est illustrée par son action militante aux côtés de son glorieux père, en faveur de l’éducation et l’émancipation de la fille marocaine, et fut, également, la première femme dans le monde arabe à exercer une mission diplomatique.
Le milieu diplomatique a été affligé par le décès de deux éminents diplomates marocains, à savoir l’ancien ambassadeur du Royaume aux Etats-Unis, M. Abdellah Maâroufi, et l’ancien diplomate Abdelhadi Benjelloun Andaloussi.
Le champ associatif, pour sa part, a perdu l’une de ses figures de proue, le militant associatif et ancien ministre de la Santé, M. Abderrahim El Harouchi.
D’autres personnalités ayant marqué de leur empreinte la scène politique ont disparu cette année également, notamment MM. El Alami Tazi et Mohamed Bouamoud, anciens ministres, et Simon Lévy, militant politique et syndicaliste et secrétaire général de la Fondation du patrimoine culturel judéo-marocain.
La famille de la Résistance a été, de même, endeuillée par la mort de Brika Zerouali, ancien député et de Benabdellah Mohamed Loukouti, figure emblématique de la lutte pour l’indépendance du Maroc.
L’année 2011 a aussi vu la disparition de personnalités du champ religieux, en l’occurrence l’érudit Mohammed Benabderazzak, ancien membre du Conseil des Ouléma de Marrakech, Ali Laghzioui, conservateur de la bibliothèque des Qaraouiyine, et l’érudit Ahmed Lisan Al Haq, icône du soufisme et doyen de la Tariqa Qadiria Boutchichia.
De même, la sphère intellectuelle a été profondément attristée par le décès du professeur chercheur Mohamed Berdouzi, ancien membre de l’Instance Equité et Réconciliation (IER) et l’un des auteurs du rapport sur le "Cinquantenaire du développement humain au Maroc".
Le monde artistique a vu la disparition de nombreuses personnalités, notamment l’artiste-compositeur Abdenbi El Jirari, le virtuose d’Al Qanoune Salah Cherki, et le chef du groupe de musique amazighe Saghru Band, M’barek Oulaârbi.
Nous ont également quittés les artistes Aid Mawhoub, Mustapha Salamat et Habiba El Medkouri.
Dans un autre registre, de grands noms de la télévision ont tiré leur révérence, tels que l’homme de théâtre et animateur de la radio et de la télévision Driss Tadili et l’écrivain, réalisateur et scénariste Ahmed Bouanani.
Par ailleurs, le sport national a déploré certaines de ses vedettes qui ont excellé dans différentes disciplines sportives. Ainsi, se sont éteints l’ancien footballeur international Abderrahman Belmahjoub, le joueur de l’équipe du Raja et de l’équipe nationale du football Zakaria Zerouali, décédé à la fleur de l’âge, l’ancien entraîneur national de basket-ball, Mohamed Rais et l’arbitre international d’échecs Abdelouahed El Akel.
Dans le champ médiatique, plusieurs confrères nous ont quittés en 2011, dont le regretté Houcine Raffa, l’un des vétérans de la MAP, Houcine Jtite, journaliste à la même agence, et El Mokhtar Ziani, journaliste au quotidien Al Ittihad Al Ichtiraki. (MAP).