Le ministère a adopté un train de mesures sur les plans de la prévention et de la restructuration en vue de garantir le respect des normes juridiques et organisationnelles en matière d'urbanisation de la part des différents acteurs, a souligné le ministre dans sa réponse à une question orale à la Chambre des conseillers relative à l'habitat insalubre.
Ces mesures visent à lutter contre ce phénomène à l'origine d'un grand nombre de problèmes, notamment dans les domaines social et de l'urbanisme, entravant le développement et les aspirations des citoyens à une vie décente et digne, a-t-il ajouté précisant que ces mesures portent également sur la mise en oeuvre de programmes du logement social et l'accélération de la cadence de leur réalisation, ainsi que sur le recasement et la restructuration.
Dans le cadre de la mise en oeuvre du contrôle sur le terrain, le ministre a indiqué que l'inspection générale de l'administration territoriale a dépêché, au cours de l'année 2010, près de 40 commissions d'inspection dans plusieurs collectivités locales.
Ces commissions, a-t-il poursuivi, ont relevé plusieurs infractions notamment l'octroi de permis de construire sans respect des procédures en vigueur, la réaffectation de l'utilisation d'entrepôts, dans des zones agricoles et rurales, à des activités industrielles et commerciales illégales, la création de lotissements illégaux, outre la négligence par certains services compétents de leur rôle de contrôle et de répression des infractions relevées en matière d'urbanisme et de construction.
M. Cherkaoui a indiqué que les conclusions des commissions d'inspection ont donné lieu à des mesures disciplinaires à l'encontre de certains agents et auxiliaires d'autorité.
Pour lutter contre ce fléau, le ministère a publié une circulaire en mars 2010 relative à la reconnaissance par voie aérienne des zones de prolifération de l'habitat insalubre. Cette circulaire incite, à cet égard, les walis et gouverneurs à conclure des conventions avec le Centre royal de détection spatiale.
Cette reconnaissance aérienne a permis de localiser plusieurs logements construits illégalement en 2008 et 2009, notamment à Casablanca, Rabat, Skhirat-Témara, Salé, Meknès, Marrakech, Fès, Agadir et Tanger.
42 MMDH consacrés à la mise à niveau de 230 villes et centres urbains
Le ministre de l'intérieur, M. Taib Cherkaoui, a affirmé mardi que près de 230 villes et centres urbains ont bénéficié des programmes de mise à niveau urbaine, sur le plan national, pour une enveloppe globale de près de 42 milliards DH (MMDH), dont 12,5 MMDH (30 pc) comme contribution du ministère.
En réponse à une question orale à la Chambre des conseillers, M. Cherkaoui a ajouté que le ministère intervient dans ce domaine à travers l'assistance technique pour l'élaboration de ces programmes et le soutien financier nécessaire, précisant que les conseils élus ont contribué avec plus de 40 pc de l'ensemble des investissements y afférents.
Les programmes de mise à niveau urbaine s'inscrivent dans le cadre des efforts déployés pour améliorer et renforcer les infrastructures de base et combler le déficit en matière d'équipements et de structures communales.
Ces programmes, a-t-il ajouté, ont contribué à créer une dynamique locale consistant en la réalisation de différents travaux de mise à niveau urbaine, dont l'assainissement liquide et solide, l'éclairage public, les espaces verts, les places publiques, les équipements culturels et sportifs et les espaces communaux, "ce qui a permis la création d'opportunités d'emplois et l'amélioration du cadre de vie".
Pour ce qui est du suivi de ces programmes, le ministre a précisé que les accords conclus à cet effet stipulent la création de commissions de suivi, présidées par les walis et gouverneurs qui tiennent leurs réunions chaque trimestre, à l'issue desquelles est élaboré un rapport détaillé sur la mise en oeuvre des projets programmés pour le soumettre ensuite aux parties contractantes pour examen et évaluation.
Répondant à une autre question sur la saisie des permis de conduire, M. Cherkaoui a fait savoir que l'entrée en vigueur du nouveau code de la route permettra de clarifier les conditions de saisie du permis, de surmonter les problèmes posés actuellement et de donner plus de consistance aux prérogatives des agents de contrôle.
Et de rappeler que les accidents de la circulation, au nombre de plus de 60.000, font chaque année plus de 4000 tués et près de 13.000 blessés graves et 90.000 blessés légers. La facture sociale et économique de ces accidents s'élève à 15 MMDHS , selon une étude réalisée en 2004, une facture qui ne cesse de s'alourdir avec des retombées négatives sur l'économie nationale.
Répondant à une autre question orale à la Chambre des conseillers, sur les centres de protection civile, le ministre a fait savoir que le ministère Œuvre sans cesse à l'amélioration des conditions de travail et du rendement de services de la protection civile. Il s'emploie également à généraliser les centres de protection civile dans l'ensemble du territoire national en vue d'assurer des prestations de proximité et de développer les capacités d'intervention de ces centres face aux accidents, catastrophes et autres situations d'urgence.
Pour atteindre ces objectifs, le ministère de l'intérieur a élaboré un plan quinquennal (2008-2012) prévoyant la création de plusieurs centres destinés à étoffer son réseau au niveau national selon des critères prenant en considération la moyenne des interventions enregistrées et le niveau des risques.
Dans ce cadre, il a été prévu une enveloppe budgétaire de 720 millions de dhs pour l'acquisition de 300 camions de lutte contre les incendies et ambulances, et l'embauche de 2.500 agents de la protection civile, la construction de 68 centres de secours, 16 unités mobiles régionales, en plus de la mise en place de quatre dépôts régionaux, tous équipés des moyens nécessaires.
Treize centres de la protection civile seront ainsi érigés chaque année, a dit le ministre, faisant état de l'acquisition d'équipements d'intervention facilitant les opérations de secours en cas d'inondations, de séismes, d'incendies de forêt ou autres catastrophes.