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Auréolée de ses douze siècles d’enracinement et de légitimité historique, l’institution monarchique au Maroc pourrait se prévaloir, à juste titre, d’un réel ascendant sur la vie publique nationale, dans ses deux dimensions, temporelle et spirituelle. C’est dire le rôle prépondérant de cette institution tout au long des huit dynasties qui se sont succédées au Maroc, des Idrissides aux Alaouites.
Aujourd’hui, si ce rôle a été diversement mis en exergue et codifié dans les Constitutions de 1962, 1970, 1972, 1992 et 1996, il est désormais question, dans la nouvelle Constitution de 2011, de Monarchie citoyenne, garante des fondamentaux de la nation. D’où, en conséquence, ces deux éléments clés dans le dispositif constitutionnel, à très forte teneur significative :
+ la suppression de toute référence à la sacralité de la personne du Roi, en lui substituant la notion, plus moderne, d’inviolabilité et de respect dû au Souverain, (article 46).
+ La distinction explicite et circonstanciée des pouvoirs du Roi, en tant que Commandeur des Croyants (Amir Al Mouminine), en charge du domaine religieux (article 41) et en tant que Chef de l’Etat, symbole de l’unité nationale et territoriale, assurant des missions d’arbitrage, garant du choix démocratique et des intérêts fondamentaux du pays (article 42).
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