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Habitat
 Habitat

Près de 5  millions de Marocains vivent dans un habitat insalubre.  Un habitat qui non seulement  défigure et enlaidit le paysage urbain marocain, mais  fait aussi le lit  de la prolifération de bien de maux sociaux.


 

De  l’avis de tous, la situation de l'habitat insalubre est devenue si alarmante qu’elle ne souffre plus l’attentisme. C’est pourquoi, un vaste chantier a été lancé pour  éradiquer les bidonvilles,  offrir aux plus démunis des logements à hauteur de leurs moyens et remédier aux problèmes posés par  les vielles  habitations menaçant ruine.

Dans son discours du 20 août 2001, S.M le Roi a tiré la sonnette d’alarme, averti contre le danger de la prolifération de l’habit insalubre et appelé à l’adoption d’un programme national de lutte contre ce phénomène. Ce même intérêt revient dans le discours que le  Souverain a prononcé  à l’occasion de la rentrée parlementaire le 11 octobre 2001 : «  nous ne saurions préserver au citoyen sa dignité qu'en lui assurant un logement décent et en accélérant la mise en oeuvre du programme national de lutte contre l'habitat insalubre et d'éradication des bidonvilles. Ceux-ci constituent, en effet, une menace pour la cohésion et l'équilibre du tissu social et une source de frustration, d'exclusion, de déviation et d'extrémisme », a affirmé le Souverain.
 
Mais c’est le discours du Trône de 2003 qui allait être le prélude à une politique musclée de lutte contre l’habitat insalubre. « Deux ans après, au lieu d’une éradication progressive des bidonvilles, Nous avons, à l’occasion de Nos visites d’information dans différentes régions du Royaume, constaté avec amertume, leur prolifération dans de nombreuses villes. Pire encore, on a vu naître des bidonvilles qui se sont propagés et amplifiés jusqu’à devenir de véritables villes sauvages », constate le Souverain qui incombe la responsabilité de cet état des choses aussi bien au citoyen qu’aux responsables, autorités et collectivités locales.

100 000 logements par an

A partir de 2003, la cadence de la lutte contre l’habitat insalubre et non réglementaire s’intensifie : lancement de 96 projets pour la réalisation de 265.000 logements, sanction des dépassements commis en matière d’habitat et d’urbanisme,  mise à niveau  de la profession de l’architecte, mise en place de fonds de garantie afin de faciliter aux populations à revenus faibles et irréguliers, l'accès à la propriété, etc.
Dans le but d’assurer à un grand nombre de Marocains un  logement décent, Le rythme des constructions des logements sociaux a pris sa vitesse de croisière. Ainsi, il a été prévu de construire au cours des deux années 2003 et 2004 quelques 450 000 unités de logement dont 9500 à une valeur ne dépassant pas les 120 000 dh.

En 2004, 103.000 logements ont été réalisés dont 27.000 unités restructurées.
 Pour l’année 2005, il a été prévu d’atteindre le chiffre des 100 000 logements prévus par an.
Au cours de cette même année de nouveaux chantiers ont été ouverts à Sidi Yahya Zair (région de Rabat) et à Tamansourte (région de Marrakech).

Villes sans bidonvilles

Pour réaliser son programme : « des villes sans bidonvilles » (VSB), le gouvernement a mis les bouchers doubles en allouant au projet une enveloppe budgétaire de 75 milliards de dirhams, dont 25 milliards versés par l’Etat, et en mobilisant une assiette foncière de 18.000 hectares.

Afin de permettre à ce programme de réussir, les institutions chargées de l’habitat et placées sous la tutelle du ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme ont été restructurées de façon à mieux encadrer le domaine de l’habitat et de l’urbanisme. Ainsi, cinq nouvelles agences urbaines ont été  créées et d’autres sont à l’état de projets.

Le programme "des villes dans bidonvilles" commence déjà à donner ses fruits parce qu’au terme de l’année 2005, la ville de Meknès a été la première ville marocaine à être débarrassée de ses bidonvilles et aura ainsi réussi le pari  de devenir une ville modèle à l’échelle nationale.
 
La loi 04/04 criminalise les fraudes

La  loi 04/04 est venue renforcer le contrôle en matière de lutte contre les habitations insalubres. Les dispositions de cette loi concernent essentiellement la définition des modalités de délivrance du permis de construire et  les conditions de l’ouverture d’un chantier. Mais l’innovation apportée par cette loi  demeure le durcissement des peines en cas de fraudes. En effet,  la loi 04-04 n’hésite pas à criminaliser les infractions en matière d’habitat insalubre et anarchique. Ainsi,  l’article 71 prévoit par exemple des peines d’emprisonnement  allant de trois mois à un an d’emprisonnement et une amende de 50.000 à 300.000 dirhams ou l’une de ces deux peines seulement à l’encontre de toute personne qui engage une construction sans avoir obtenu le permis de construire.
La peine est plus lourde encore pour le président du conseil communal ou son adjoint qui aurait délivré un permis de construction sans tenir compte de la procédure en vigueur. Cette peine varie entre 6 mois et  4 ans de prison en plus d’une amende de 100 000 à 500 000 dh  ou l’une de ces deux peines.

Par ailleurs et  en vertu de cette loi, les autorités locales disposent de larges prérogatives  leur permettant de détruire toute habitation ne respectant pas les normes en vigueur.

Site officiel du ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme

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