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Samedi 10 Août 2013

Journée nationale du migrant: coup de projecteur sur la situation des MRE

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Journée nationale du migrant

(Par Khalid ATTOUBATA) (MAP) - La journée nationale du migrant, instituée par SM le Roi Mohammed VI, est l'occasion de s'arrêter sur les acquis et les aspirations des Marocains résidant à l'étranger (MRE) et de mettre en exergue leur apport appréciable à l' uvre de développement économique et social du pays.

Cette journée, célébrée le 10 août, coïncide cette année avec l'opération Transit, qui a enregistré, entre le 5 juin et fin juillet, plus d'un million de ressortissants marocains ayant regagné la mère-patrie pour renouveler leurs liens familiaux et faire montre de leur attachement immuable au Maroc.

Le chef du gouvernement avait récemment indiqué que pour garantir le bon déroulement de l'opération transit-2013, qui jouit de la Haute sollicitude Royale, une panoplie de mesures ont été prises afin d'améliorer les conditions d'accueil à tous les niveaux, saluant les services appréciables que ne cesse de fournir la Fondation Mohammed V pour la solidarité, notamment pour ce qui est de l'accompagnement social ainsi que l'assistance administrative et médicale.

La journée nationale du migrant se veut en effet un moment particulièrement opportun pour faire valoir la contribution significative de la diaspora marocaine à l'essor des domaines scientifique, culturel, social mais surtout économique et son apport louable au développement du Royaume et à son rayonnement à l'échelle mondiale.

Dans l'ambition d'assurer une meilleure protection des droits des Marocains du monde et une meilleure gouvernance en la matière, la nouvelle stratégie nationale à l'horizon 2030, sur laquelle se penche le ministère chargé des Marocains résidant à l'étranger, n'est qu'une composante d'une série de mesures engagées, conformément aux Hautes directives de SM le Roi Mohammed VI dans le but d'améliorer les conditions de vie de cette communauté mais surtout de favoriser son intégration dans les pays d'accueil.

De fait, le Maroc a adopté, depuis des années, une batterie de mesures visant notamment la simplification des procédures administratives en faveur de la communauté marocaine établie à l'étranger, lesquelles mesures ont été confortées à la faveur de l'institutionnalisation par la Constitution 2011 du Conseil de la communauté marocaine à l'étranger, investi des missions du suivi et de l'évaluation des politiques publiques envers ses ressortissants à l'étranger.

L'exercice 2012-2013 a été notamment marqué par l'accord-cadre signé entre les ministères chargé des Marocains résidant à l'étranger et de la Jeunesse et des sports pour permettre à quelque 320 personnes de participer aux rencontres des jeunes et à 300 enfants de bénéficier des colonies de vacances.

Afin d'inciter les MRE à investir davantage au Maroc, deux autres conventions de partenariat ont été également paraphées, la première avec la Banque centrale populaire pour accompagner les MRE dans la création de leurs entreprises et la deuxième avec la Royal Air Maroc pour les faire bénéficier d'offres avantageuses.

Outre ces initiatives visant à améliorer les conditions sociales des MRE, le ministère en charge de cette catégorie de Marocains a annoncé la semaine dernière que les Marocains d'ailleurs peuvent désormais adhérer au régime de retraite marocain, dans le cadre d'une convention signée avec la Caisse de dépôt et de gestion (CDG).

Si le 10 août offre l'occasion de célébrer l'interaction entre les MRE et leur pays d'origine, il n'en constitue pas moins une opportunité de relever l'impact potentiel du mouvement migratoire, surtout celui des compétences, sur l'économie nationale.

Ainsi, force est de constater que différents secteurs pâtissent de l'immigration des compétences, répercussion inéluctable d'un marché d'emploi de plus en plus mondialisé.

Pour retenir ces compétences, des observateurs appellent les pouvoirs publics marocains à mettre en oeuvre des politiques axées sur l'amélioration des conditions de travail, privilégiant la promotion de la formation continue, de la formation à distance, de l'innovation et de la recherche scientifique, ainsi que des incitations financières et professionnelles.

Sur un autre registre, la journée nationale constitue également l'occasion d'évoquer la situation des migrants subsahariens au Royaume, d'autant que le Maroc, longtemps considéré comme un espace de transit, s'est mué en terre d'accueil pour des milliers de migrants qui, incapables d'atteindre "l'eldorado européen", décident de s'y installer durablement, voire définitivement.

Le Royaume, qui s'est pourtant doté d'un arsenal juridique régissant le séjour des étrangers et la migration irrégulière et a, de ce fait, ratifié les principales conventions internationales en la matière, se voit confronté à une problématique d'ordre social et humain, l'acculant à adopter une approche basée certes sur le volet sécuritaire mais englobant toutefois d'autres considérations.

Il y a lieu enfin de signaler que la nouvelle Constitution, qui aborde la problématique de l'immigration de manière globale, stipule nombre de droits en faveur des MRE, dont celui de participation aux élections locales sous réserve de réciprocité avec leur pays d'origine, d'où la nécessité d'une nouvelle politique d'immigration en droite ligne avec la dynamique que connaît le Maroc à tous les niveaux. Laquelle politique devra également proposer des réponses à la question des migrants subsahariens en situation irrégulière, tout en préservant les intérêts stratégiques du Maroc, les besoins de l'économie nationale et les principes des droits de l'Homme.