21 °C Partly cloudy Rabat

Actualités
Mardi 11 Novembre 2014

La Chambre des Représentants tient sa séance mensuelle consacrée à la politique générale du gouvernement

Synthèse vocale
La Chambre des Représentants tient sa séance mensuelle consacrée à la politique générale du gouvernement

Le gouvernement continuera la réforme du système de compensation pour réduire les disparités sociales

Le gouvernement continuera la réforme du système de compensation, de manière à réduire les disparités sociales et à consolider la cohésion sociale, a affirmé mardi le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane.

M. Benkirane, qui répondait à une question à la Chambre des représentants lors de la séance mensuelle consacrée à la politique générale, a indiqué que cette réforme devra réduire les disparités sociales, consolider la cohésion sociale, booster la compétitivité de l'économie nationale et encourager l'investissement productif.

La réforme du système de compensation a pour objectif de soutenir "les vrais cibles, à savoir les familles précaires et démunies, et de maîtriser les grands équilibres des finances publiques et de l'économie nationale afin de l'immuniser contre les crises et les fluctuations du marché international (...) et de créer les richesses et les postes d'emploi", a-t-il dit lors de cette séance marquée par la lecture de la Fatiha à la mémoire du député de l'Union socialiste des forces populaires qui s'est éteint dimanche à Bouznika.

En dépit du consensus sur la nécessité de la réforme, elle n'a pas été entamée au moment opportun, a-t-il déploré, précisant que le système ne coûtait, à cette époque, que quelques milliards par an et le niveau de déficit budgétaire, voire même de l'excédent le permettait, et que les prix des carburants étaient bas sur le marché international. 

A l'instar d'autres dossiers épineux d'actualité, le retard dans l'exécution de la réforme a engendré un coût très élevé pour l'économie nationale et particulièrement pour les finances publiques, a-t-il ajouté en réponse à cette question sur "la réforme du système de compensation et l'amélioration du pouvoir d'achat chez les catégories sociales les plus démunies".

Le chef de gouvernement a rappelé que le gouvernement a veillé, depuis 2012, à ne pas porter atteinte au pouvoir d'achat du citoyen marocain et a pris des mesures pragmatiques visant à améliorer le revenu des ménages démunis et leur vécu.

Dans ce cadre, il a précisé qu'au titre de 2015, une enveloppe de plus 7,5 milliards de dirhams (MMDH) a été allouée aux opérations de promotion de grade et d'échelon des fonctionnaires, dont 4 MMDH pour le règlement des arriérés des années précédentes, ajoutant qu'il a été procédé à une augmentation de 10 pc du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) (5 pc à partir du 1er juillet 2014 et 5 pc à partir du 1er juillet 2015).

Il a également rappelé l'augmentation du salaire minimum dans la fonction publique à 3.000 DH nets et le relèvement à 1.000 DH de la pension minimale des retraités des établissements publics, des collectivités locales et des journaliers.

Concernant la subvention des matières premières, M. Benkirane a indiqué que l'Etat continue à prendre en charge la totalité de la subvention destinée au gaz butane, soit 207 pc du prix de vente d'une bonbonne de gaz de 12 kg (83 DH), ajoutant que cet effort a coûté 13,7 MMDH en 2013.

Le gouvernement subventionne également la farine du blé tendre (2 MMDH par an) et le blé tendre importé (400 millions de dirhams en 2014), a-t-il poursuivi.

Pour ce qui est de la consolidation de la cohésion sociale, il a cité notamment la création du Fond de cohésion sociale, la dynamisation du Fond de solidarité familiale avec une enveloppe budgétaire de 160 MDH et la généralisation du système d'assistance médicale au profit de 7,28 millions bénéficiaires, soit 2,69 millions familles à fin août 2014.

Il a aussi évoqué la hausse du nombre des bénéficiaires du programme "Tayssir" et de l'initiative "1 million de cartables" et l'amélioration de l'accès de la population aux médicaments, à travers l'augmentation des crédits ouverts pour l'achat des médicaments et des produits pharmaceutiques, qui sont passés de 675 MDH en 2011 à 1,6 MMDH en 2012 et à 2,4 MMDH en 2013, outre la réduction du prix de 320 médicaments en 2013 et de 1.250 médicaments en 2014.

Réagissant à la réponse du chef du gouvernement, les groupes de l'opposition ont estimé que les efforts déployés par le gouvernement ne constituent pas une réforme, mais plutôt une "mesure technique qui affecté le pouvoir d'achat des citoyens démunis", en raison des hausses des prix entrainés par le système d'indexation, indiquant que ces mesures se sont avérées limitées.

Ces groupes ont également critiqué "l'échec" du gouvernement dans sa lutte contre l'économie de rente, s'interrogeant sur les mesures que le gouvernement compte prendre en matière de lutte contre le chômage, la dégradation du pouvoir d'achat et les hausses des factures d'électricité.

Ils ont appelé l'Exécutif à faire de la réforme de compensation un "projet sociétal qui ne doit pas subir une césarienne de nature à porter atteinte à la paix sociale" et à réagir avec sérieux aux revendications qui ont motivé la grève générale du 29 octobre dernier.

Pour leur part, les groupes de la majorité ont salué ces mesures qui ont permis de réduire les dépenses de la compensation et d'économiser des montants importants mobilisés dans la promotion de la situation des familles pauvres.

Ils ont appelé, dans ce sens, à accompagner cette réforme par une autre à caractère fiscal qui s'inspire des dernières assises nationales sur la fiscalité.

Le chef du gouvernement met en exergue les mesures prises par le gouvernement pour améliorer l'accès aux soins

Le chef du gouvernement, M. Abdelilah Benkirane, a affirmé que le plan d'action 2012-2016 en matière de santé est axé sur l'amélioration de l'accès aux soins, le renforcement de la santé de la mère et de l'enfant, la promotion de la santé des populations à besoins spécifiques, le développement des vigilances sanitaires et l'amélioration de la gouvernance du système de santé.

M. Benkirane qui exposait les mesures prises par le gouvernement pour améliorer l'offre de santé et faciliter l'accès aux soins, lors de la séance mensuelle à la Chambre des Représentants consacrée à la politique générale du gouvernement, a ajouté que ce plan vise également la généralisation de la couverture sanitaire de base, la mise à disposition des médicaments et du matériel médical et le renforcement du cadre juridique outre le partenariat entre les secteurs public et privé.

Le chef du gouvernement qui répondait à une question du groupe constitutionnel à la Chambre des Représentants sur "le système de santé dans la politique publique", a rappelé, en outre, l'accélération des mesures de généralisation du régime d'assistance médicale aux personnes à revenu limité, l'amélioration de l'accès aux soins notamment aux maternités et aux urgences et l'accès des personnes démunies aux médicaments à travers la révision des procédures d'acquisition des médicaments et des équipements médicaux, la baisse de leur prix et l'amélioration de leur gestion au niveau des hôpitaux publics. 

La priorité a été accordée au renforcement du réseau des hôpitaux locaux, à travers la mise en service de 3 unités alors que 5 autres sont en phase d'être mises en service, a poursuivi le chef du gouvernement, notant que plusieurs autres projets sont en cours de réalisation, dont la construction de 11 hôpitaux locaux d'une capacité d'accueil de 495 lits. 

Pour ce qui est du renforcement des infrastructures hospitalières universitaires, a ajouté M. Benkirane, l'offre hospitalière a été étoffée par la mise en service du département "Oncologie" au niveau du CHU de Fès, l'équipement de l'hôpital des spécialités au centre hospitalier Mohammed VI de Marrakech et l'achèvement des travaux de construction et d'équipement du centre hospitalier d'Oujda, inauguré récemment par SM le Roi Mohammed VI. 

Dans le cadre de la mise en oeuvre du Plan national de prise en charge des urgences médicales 2012/2016, lancé le 5 mars 2013 à Fès par SM le Roi, le chef du gouvernement a rappelé la création de 28 unités d'urgences médicales de proximité, la mise à niveau et le renforcement des services de réanimation et le développement des pôles d'urgences médicales spécialisées.

De son côté, le groupe constitutionnel a critiqué la politique gouvernementale en matière de santé, qui a-t-il dit, "n'a pas réussi à regagner la confiance des citoyens dans les services de santé proposés". 

Tout en soulignant la "faiblesse" du budget alloué au secteur de la santé, le groupe a pointé du doigt "la mauvaise gestion des ressources humaines ainsi que le manque de cadres médicaux".

Le gouvernement s'engage à élaborer les lois organiques relatives à la mise en œuvre de l'amazighité au cours de l'actuelle session législative

Le gouvernement est engagé à élaborer les deux lois organiques relatives à la mise en œuvre du statut officiel de la langue amazighe et la création d'un conseil national des langues et de la culture marocaine au cours de l'actuelle session législative et ce conformément à la constitution, a assuré mardi le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane.

En réponse à une question du groupe Authenticité et Modernité à la chambre des Représentants sur la mise en application de la constitution concernant la langue amazighe, lors de la séance mensuelle sur la politique générale du gouvernement, M. Benkirane a relevé que l'Exécutif se penche actuellement, dans le cadre d'un comité scientifique élargi, sur la préparation d'une plate-forme du projet de la loi organique du conseil national des langues et de la culture marocaine.

Dans l'attente de la mise en œuvre de ces deux lois organiques, les départements concernés en particulier ceux de l'éducation nationale, la communication, la culture et la justice s'activent à prendre une série de mesures visant la consécration et la promotion de la langue et la culture amazighes, a-t-il fait savoir.

Il a, dans ce sens, rappelé la modification du décret relatif à la création du "Grand prix national de la presse" en vue d'intégrer la langue amazighe en tant que langue adoptée pour le concours à ce Prix.

Ainsi, a-t-il poursuivi, il a été procédé à la création de deux Prix dédiés à la production journalistique en langues amazighe et hassanie, au renforcement de la présence de la langue et la culture amazighes dans les médias publics à l'occasion de la révision des cahiers des charges relatifs aux chaînes du pôle public outre la création d'un portail en langue Amazighe, sur le site de l'agence marocaine de presse.

Dans le même sillage, a ajouté M. Benkirane, il a été procédé au changement de décret relatif au prix du Maroc du livre qui stipule que désormais la langue amazigh fait partie des langues qui concourent pour ce Prix et ce conformément aux dispositions de la Constitution en vue d'ouvrir de nouvelles perspectives pour les différentes composantes de la créativité amazighe. 

De même, le ministère de la Justice et des libertés a procédé, dans le cadre de la charte nationale pour la réforme du système de la justice, à l'intégration de procédures devant permettre l'utilisation de la langue amazighe dans les litiges pour ceux qui ne parlent pas l'arabe.

Selon le chef du gouvernement, la constitution de juillet 2011 constitue une étape cruciale pour la langue, la culture et la civilisation amazighes marocaines dans la mesure où elle a permis d'ériger la langue amazighe, qui constitue un legs commun à tous les Marocains, en langue officielle de l'Etat.

Il a souligné que les acquis réalisés par le Maroc en matière de consécration de l'amazighité comme langue officielle de l'Etat, sont le fruit d'un processus qui a débuté avec le discours royal historique d'Ajdir, le 17 octobre 2001, qui a présenté une perception globale de l'identité marocaine et une consécration réelle de la conscience profonde de SM le Roi de la nécessité de permettre à cette composante essentielle de se doter de l'identité nationale.

Les chiffres du HCP traduisent l'amélioration du pouvoir d'achat des familles marocaines

Le Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, a indiqué, mardi, que les chiffres du Haut-commissariat au plan traduisent l'amélioration du pouvoir d'achat des familles marocaines.

Répondant à une question relative aux "politiques publiques menant à la détérioration du pouvoir d'achat des familles marocaines", présentée par le groupe socialiste dans le cadre de la séance mensuelle sur la politique générale, M. Benkirane a souligné que le pouvoir d'achat des familles marocaines a enregistré une hausse de 3,7 pc entre 2012 et 2013, une hausse due, selon lui, à l'augmentation de la consommation nominative définitive des ménages (+5,8) et la maitrise de l'inflation (1,9) lors de la même période.

Il a rappelé que l'indice objectif pour mesurer le changement des prix est l'indice des prix à la consommation qui prend en considération le changement des prix des produits et services consommés annuellement par les ménages. Le chef du gouvernement a rappelé que le changement de l'indice de l'inflation est due à l'augmentation des produits alimentaires (+2,4) et les produits non-alimentaires (1,5).

Le taux de changement des prix non-alimentaire a oscillé d'une baisse de 9,2 pour les transports à une hausse de 5,5 pour l'enseignement. A fin septembre 2014, a expliqué M. Benkirane, l'indice des prix a enregistré une hausse de 0,2 par rapport à la même période de l'an passé..

Parmi les facteurs qui traduisent l'amélioration du niveau de vie, le chef du gouvernement a relevé le changement des modes de consommation par le recul de la marge des dépenses relatives à la nourriture (de 43,1 à 40,6 pc) et l'habillement (de 5,5 à 3,4) contre une augmentation des dépenses relatives à la santé, le transport, les communications et les loisirs.

Le groupe socialiste a critiqué les données présentées par le gouvernement sachant que la réalité traduit la détérioration du pouvoir d'achat, appelant le gouvernement a assumer pleinement ses responsabilités en garantissant les services sociaux, particulièrement dans les secteurs de l'enseignement et de la santé..

Le nombre des comptes spéciaux du trésor a diminué de 131 en 2004 à 75 en 2014

Le nombre des comptes spéciaux du trésor (CTS) a diminué de 131 en 2004 à 75 en 2014, relevé, mardi à Rabat, le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane.

Répondant à une question du groupe Istiqlalien pour l'Unité et l'égalitarisme, lors de la séance de politique générale à la chambre des représentants, sur "les comptes spéciaux du trésor", M. Benkirane a indiqué que cette tendance baissière s'inscrit dans le cadre de la rationnalisation de la gestion des comptes spéciaux du trésor.

Le chef du gouvernement a aussi souligné, dans ce cadre, que les ressources des Comptes d'affectation spéciale (CAS), principale catégorie des CTS, ont atteint 122,6 milliards dhs (MMDH) en 2013, contre 109,7 MMDH en 2012 et 101,6 MMDH en 2011, en hausse annuelle moyenne de 9,8 pc durant la période 2011-2013.

Les dépenses des CAS, quant à elles, ont atteint 42,5 MMDH en 2013, contre 41,8 MMDH en 2012 et 42 MMDH en 2011, enregistrant ainsi une légère baisse annuelle de 0,58 pc durant la période 2011-2013, a relevé M. Benkirane, expliquant que plus de la moitié des dépenses des CAS, au titre de l'exercice 2013, soit 22,5 MMDH, est affecté au transfert de taxes d'Etat vers les collectivités locales dans le cadre du développement local.

Les autres dépenses des CAS sont affectées notamment au développement humain et social avec une part de 13 pc (5,5 MMDH), au renforcement du réseau routier, au désenclavement du milieu rural et à l'approvisionnement de la population rurale en eau potable (12 pc et 5 MMDH) ainsi qu'au développement agricole et pêche maritime (10 pc et 4,2 MMDH), a expliqué M. Benkirane, qui a souligné que le projet de la loi organique relative à la loi de finances renferme des dispositions devant assurer plus d'efficience aux comptes spéciaux du trésor.

(MAP-11/11/2014)