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Lundi 2 Octobre 2017

Le développement durable au Maroc, une question d’écologie, de croissance et de mentalités

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Le développement durable au Maroc, une question d’écologie, de croissance et de mentalités

Placée plus que jamais au centre des politiques gouvernementales et du débat public, la question du développement durable au Maroc présente de multiples enjeux écologiques, économiques, institutionnels et culturels, a souligné la secrétaire d’Etat chargée du Développement durable, Mme Nezha El Ouafi.

L’économie verte, un chantier sur lequel le Maroc avance à pas sûrs, est la meilleure illustration de l’alliance possible et salutaire entre croissance économique et responsabilité écologique, a fait valoir Mme El Ouafi dans un entretien à la MAP, ajoutant que la transition vers ce modèle de croissance figure au cœur des priorités de son département.

Conscient de l’importance stratégique de ce processus, dont l’idée fondatrice est de créer de l’emploi et de la valeur ajoutée tout en veillant au respect de l’environnement, la secrétariat d’Etat a fait du recyclage et de la valorisation des déchets industriels son cheval de bataille.

Sept filières ont été ainsi identifiées dans le cadre du Programme national de valorisation des déchets, à savoir le plastique, les polychlorobiphényles, les batteries, les pneus, les huiles alimentaires, les huiles lubrifiantes et le papier-carton, a fait savoir Mme El Ouafi.

“La loi-cadre sur l’environnement et le développement durable a apporté une avancée majeure en instaurant le principe de la responsabilité élargie des producteurs (REP). L’idée est d’étendre les obligations des industriels à l’égard d’un produit jusqu’au stade de son cycle de vie situé en aval de la consommation”, a-t-elle expliqué.

Et de préciser que la REP implique deux niveaux d’intervention: d’une part le transfert en amont de la responsabilité des communes vers les producteurs, et d’autre part la mise en place de mesures incitatives pour favoriser la prise en compte des aspects environnementaux par les producteurs lors de la conception du produit.

Une première expérience pilote a été conduite dans ce sens, et le succès a été au rendez-vous, notamment pour les filières des batteries, des pneus et du plomb. “Non seulement les nuisances causées par ces déchets hautement toxiques ont-elles été réduites, mais l’on a également pu intégrer le secteur informel dans cette nouvelle dynamique vertueuse. Des familles entières qui vivaient des rentes de la revente de ces matériaux usés se sont ainsi reconverties volontiers vers le recyclage”, a fait valoir Mme El Ouafi.

“On aura ainsi fait d’une pierre trois coups : alléger la facture de la dégradation de l’environnement qui coûte au Maroc 3,5% de son PIB, générer une plus-value économique et créer une source de revenus stable pour les personnes qui opéraient dans l’informel. Bref, une nouvelle donne dans laquelle tout le monde trouve son compte. C’est dire qu’en matière de préservation de l’environnement, il suffit d’une initiative, d’un déclic pour déclencher le changement !”, s’est-elle félicitée.

L’éradication des sacs en plastique est une autre “success story” dont la secrétaire d’Etat au Développement durable s’est montrée fière. Car, a-t-elle expliqué, au-delà des résultats quantitatifs que la campagne nationale a récoltés en permettant l’élimination de plusieurs tonnes de sacs, “Zéro Mika” a induit un véritable changement de mentalités dans la mesure où les Marocains ont vite appris à se passer de cette substance, qu’ils jugeaient naguère indispensable, et se sont spontanément tournés vers les solutions alternatives mises à leur disposition.

Sauf qu’en matière d’alternatives, le choix est plutôt limité, concède Mme El Ouafi selon qui un large éventail d’options reste à explorer. Il s’agit, entre autres, des sacs biodégradables dont la production sur le marché national demeure freinée par l’absence d’une filière et d’un dispositif de recyclage en bonne et due forme.

A présent, le gouvernement se penche sur « l’après Zéro Mika », c’est-à-dire sur l’adoption d’une alternative durable et pertinente au plastique, a indiqué la responsable gouvernementale, ajoutant qu’un premier état des lieux a été dressé et un deuxième le sera prochainement afin de prendre à bras-le-corps cette problématique qui, à l’instar de toute problématique en relation avec l’environnement, revêt des enjeux économiques, institutionnels et culturels.

Sur un autre registre, la secrétaire d’Etat, qui faisait partie de la délégation représentant le Maroc aux travaux de la 72ème Assemblée générale de l’ONU, tenue récemment à New York, a affirmé que le Royaume est grandement apprécié par la communauté internationale pour son leadership avéré en matière de lutte contre les changements climatiques.

Selon Mme El Ouafi, les multiples réunions, débats et workshops sur le réchauffement climatique, organisés à cette occasion à l’initiative ou avec la participation du Maroc, ont confirmé, si besoin est, son avant-gardisme et son engagement indéfectible pour le développement de la coopération Sud-Sud dans ce domaine.

Comme à son habitude, et dans l’esprit du Sommet africain de l’Action tenu dans le cadre de la COP22 de Marrakech, le Maroc a été le porte-voix du continent, de ses préoccupations et ses attentes lors de ce conclave onusien, a-t-elle souligné.

Et de conclure en estimant qu’en matière de contribution aux efforts internationaux de lutte contre le réchauffement planétaire, “notre pays peut se prévaloir d’avoir su joindre l’acte à la parole, en honorant ses engagements internationaux et en offrant son expérience, son savoir-faire et ses ressources aux pays africains pour qu’ils puissent réussir leurs stratégies de développement durable et souscrire à l’élan mondial en faveur de l’environnement”.

MAP 02/10/2017