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Mardi 13 Février 2018

Le Maroc partage les objectifs de la Coalition internationale contre l'EI et demeure convaincu que la nature de la menace exige "une approche globale, coopérative et solidaire"

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Le Maroc partage les objectifs de la Coalition internationale contre l'EI et demeure convaincu que la nature de la menace exige

Le Maroc partage les objectifs de la coalition internationale contre l'organisation dite "Etat islamique" et demeure convaincu que la nature transnationale de cette menace terroriste exige "une approche globale, coopérative et solidaire à tous les niveaux", a indiqué, mardi à Koweït, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, M. Nasser Bourita.

Intervenant lors de la réunion ministérielle de la Coalition internationale contre l'EI, M. Bourita a souligné que "le Maroc, qui partage les objectifs de la Coalition, œuvre à tous les niveaux afin de susciter une réponse internationale qui soit à la hauteur de la menace qui nous guette", se félicitant de l'intention de cette Coalition Internationale de mobiliser tous les leviers disponibles pour combattre cette entité où qu’elle se trouve, au-delà de la zone syro-irakienne.

Le ministre a affirmé, à ce sujet, que le Royaume avait développé, sous la conduite éclairée de SM le Roi Mohammed VI, une stratégie multidimensionnelle, globale, anticipative et efficace de lutte contre le terrorisme et de toute manifestation de radicalisation, notant que cette stratégie, qui repose sur une architecture institutionnelle et juridique évolutive et adéquate, intègre la dimension sécuritaire, tout en contribuant à promouvoir, de manière complémentaire, la croissance économique et le développement social et humain, ainsi que la préservation de l’identité culturelle et cultuelle et le renforcement de l’Etat de droit.

Cette stratégie a permis de démanteler avec succès de nombreuses cellules terroristes ciblant, non seulement le Maroc mais aussi son voisinage, et juguler le flux des combattants marocains vers la zone syro-irakienne, a ajouté M. Bourita, faisant observer que ce succès a valu au Royaume d’être reconnu, au niveau international, en tant que partenaire stable et un véritable vecteur de sécurité.

Au niveau international, la stratégie marocaine de lutte contre le terrorisme et la radicalisation est devenue aujourd’hui une référence dans le système des Nations Unies, comme en atteste la tenue par le Comité contre le Terrorisme du Conseil de Sécurité de l’ONU, en 2014, d’une réunion ayant permis de partager l’expérience marocaine et le modèle de coopération développé par le Maroc avec les pays africains en la matière, a-t-il poursuivi.

De plus, le Maroc, actuel co-président avec les Pays-Bas du Forum Mondial de lutte contre le terrorisme (GCTF), qui compte 30 membres parmi les plus engagés sur la scène internationale dans la lutte contre le terrorisme, a été réélu pour un deuxième mandat jusqu’en 2020, a rappelé le ministre, soulignant l’engagement du Maroc à promouvoir de nombreuses initiatives relatives à des dimensions- clé de la lutte contre le terrorisme, telles que l’endiguement du flux des FTFs (combattants terroristes étrangers), le renforcement de la sécurité des frontières, ou encore, le traitement de la question du "terrorisme domestique" pour lequel le Royaume et les Etats-Unis entendent développer un document de Bonnes Pratiques pour faire face à la menace des individus inspirés ou dirigés par des organisations terroristes étrangères.

M. Bourita a, à cette occasion, mis en exergue l’importance pour la Coalition de consolider les victoires militaires et sécuritaires contre Daesh en privant les forces de cette organisation terroriste de toute liberté de mouvement et en asséchant toute source de financement potentielle.

"Nous nous devons de rester extrêmement vigilants et attentifs aux dynamiques inhérentes à Daesh, notamment l’évolution de ses structures, sa capacité à mobiliser des sympathisants et à diriger des attaques à travers le monde, le retour de ses combattants à leur pays d’origine ou de résidence ou leur redéploiement vers des zones de repli et, enfin, son utilisation abusive d’Internet et des Nouvelles technologies d’information", a-t-il soutenu.

"S’il est aujourd’hui évident que l’activité de Daesh sur Internet a drastiquement baissé au cours des derniers mois et que sa propagande est désormais décentralisée, nos actions futures doivent verser vers une intensification de nos efforts pour contrer durablement l’exploitation et l’instrumentalisation par Daesh d’Internet et des Technologies de l’Information et de Communication, dans le respect des exigences de l’Etat de Droit", a insisté M. Bourita.

Ces plateformes virtuelles continueront, a ajouté le ministre, à constituer une menace tant que les sympathisants de ce groupe terroriste réussiront à les investir pour planifier des attaques terroristes à distance et disséminer du contenu haineux et belliqueux parmi les plus vulnérables des citoyens, particulièrement les jeunes.

M. Bourita a appelé, dans ce cadre, à une mobilisation des énergies afin d’immuniser "notre jeunesse en lui offrant une alternative mobilisatrice à la hauteur de ses aspirations légitimes de bien-être et de développement".

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a, en outre, invité les membres de la coalition à prêter attention à l’évolution de la situation en Afrique, qui est concernée par le retour de quelques milliers d’individus ayant combattu au sein de Daesh et le développement de connexions avec les réseaux criminels.

L’Afrique, qui demeure l’une des premières cibles d’attaques terroristes, a d’ores et déjà pris ses responsabilités pour s’attaquer et éradiquer la menace terroriste, ses soubassements idéologiques et ses origines socio-économiques, a relevé M. Bourita, appelant à ce que les efforts africains déployés dans ce cadre soient soutenus et accompagnés à travers une approche holistique et une action globale, multiforme et structurée de la Coalition qui pourrait être déclinée à travers une feuille de route qui doit tenir compte de la réalité de la menace en Afrique, proposer des réponses adéquates et adaptées aux problématiques existantes, et veiller à mutualiser les efforts continentaux, régionaux, nationaux et multilatéraux.

Cette feuille de route doit accompagner les efforts régionaux, sous-régionaux et nationaux en cours de développement et contribuer à répondre aux besoins prioritaires constatés au niveau de l’encadrement religieux authentique et du renforcement des capacités militaires, de justice pénale, d’application de la loi et de sécurité des frontières, a-t-il conclu. 

MAP 13/02/2018