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Mercredi 24 Janvier 2018

Le ministre de la Justice prend part à une conférence sur les observatoires internationaux de criminalité

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Le ministre de la Justice prend part à une conférence sur les observatoires internationaux de criminalité

La création d'un Observatoire national de la criminalité au Maroc vise à accompagner les mutations et l'évolution des indicateurs relatifs à la criminalité et à proposer des solutions de prévention, a souligné, mercredi à Rabat, le ministre de la Justice, Mohamed Aujjar.

"La création de cette structure, qui traduit la volonté royale et concrétise les recommandations de la charte nationale sur la réforme du système de la justice, vise à répondre aux aspirations des personnes œuvrant dans le domaine pénal en prenant en charge la collecte des données et l'analyse des indicateurs relatifs à la criminalité pour trouver des solutions adéquates", a-t-il indiqué lors d'une conférence internationale sous le thème "Les observatoires internationaux de criminalité: Les expériences et les expertises en matière d'analyse du phénomène de la criminalité".

"Nous attendons de cet observatoire de faire l'inventaire et la collecte des données en coopération avec les différentes parties judiciaires, de mettre en place une base de données statistiques relative à la criminalité, d'examiner le phénomène de la récidive pour proposer des solutions adéquates à même de prévenir contre la criminalité et d'améliorer les textes de loi sur la lutte contre la criminalité", a relevé M. Aujjar.

Il a, également, précisé que cette conférence (24/25 janvier), à laquelle participent des experts issus de la France, des États-Unis, d'Espagne et de la Tunisie, constitue une occasion pour les experts marocains d'interagir, d'échanger les pratiques et de mettre le doigt sur les points forts et les difficultés afin de garantir la réussite de l'observatoire national de la criminalité que le Maroc souhaite mettre en place.

De son côté, Mme Laura Klaversma, du Centre national pour les cours des États (NCSC), a estimé que la création de cet observatoire va aider le Maroc à mettre en place un institut de recherche pouvant analyser les données sur la criminalité, passer en revue les tendances et prendre des décisions politiques contre toute forme de criminalité.

Elle a, aussi, réitéré l'engagement du NCSC de soutenir et d'aider le ministère de la justice pour déterminer la visibilité de la réforme du secteur, émettant le souhait de pouvoir échanger et partager les expériences et les pratiques mises en place de manière à permettre au Maroc d’asseoir un observatoire qui répond à ses besoins.

Mme Klaversma a, par ailleurs, reconnu qu'''il n'existe pas de processus de réforme facile et que le succès de toute réforme requiert toujours de l'engagement et de l'innovation et surtout de la collaboration entre différents départements et institutions".

Sur le même registre, M. Thomas Braun, du Bureau international des stupéfiants et de l'application de la loi (INL) a souligné que cette rencontre constitue l'occasion de partager les expériences, les idées et les stratégies afin de développer un observatoire de la criminalité au Maroc qui sera "un modèle à travers le monde".

"La création de l'observatoire marocain va constituer une autre avancée du secteur judiciaire au Maroc et une preuve que le ministère est engagé à réformer ce système", a-t-il noté, réitérant l'engagement des États-Unis à aider le Royaume à atteindre les objectifs qu'il s'est fixés et à faire de cet observatoire un exemple à suivre dans la région.

Pour leur part, le chef de l'Observatoire national français de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), Christophe Soullez, et le directeur général du Centre d'études juridiques et judiciaires (Tunisie), Essid Riadh, ont mis en avant l'importance de cette rencontre qui se veut l'opportunité de promouvoir la création d'un observatoire de la criminalité et de la délinquance au Maroc.

Il s'agit également d'une occasion pour expliquer les difficultés auxquelles chaque pays est confronté, les perspectives de développement et l’intérêt que présente une telle structure pour alimenter le débat et la réflexion publics, et surtout pour adapter les pouvoirs publics et les lois face au phénomène de criminalité, ont-ils estimé.

(MAP 24/01/2018)