21 °C Rain Rabat

Actualités
Vendredi 24 Octobre 2014

Présentation du projet de loi de finances 2015 à la presse

Synthèse vocale
Présentation du projet de loi de finances 2015 à la presse

L'économie marocaine ne dépend plus des secteurs classiques mais plutôt des nouveaux métiers mondiaux (M. Boussaid)

L'économie marocaine ne dépend plus des secteurs classiques mais repose désormais sur les nouveaux métiers mondiaux (MMM), qui affichent une avancée considérable avec une part de 38,3 pc du total des exportations du Maroc, a assuré, vendredi à Rabat, le ministre de l'Economie et des finances, Mohamed Boussaid.

"La croissance économique nationale ne dépend plus des secteurs classiques mais elle repose désormais sur les MMM, qui affichent une avancée considérable et dont les perspectives sont très prometteuses", a indiqué M. Boussaid, qui s'exprimait lors d'une conférence pour la présentation du PLF 2015 à la presse, notant que le secteur de l'automobile est actuellement le 1er secteur exportateur au Maroc.

Le ministre a, dans ce cadre, fait savoir que les recettes voyages ont augmenté de 1,9 pc à fin septembre 2014 et les transferts des MRE de 1,1 pc, permettant ainsi de couvrir 62,5 pc du déficit commercial contre 58,5 pc à fin septembre 2013, mettant l'accent sur l'allégement de 5,1 pc du déficit commercial et la reconstitution des réserves de change nettes qui arrivent à "assurer la couverture de plus 5 mois d'importations".

"Le Maroc a su diversifier la structure productive de son économie, ce qui a contribué à l'atténuation significative de la volatilité de la croissance du PIB, au renforcement de la résilience face aux chocs externes et à consolider la confiance des institutions internationales dans l'économie nationale", a insisté M. Boussaid.

Interrogé sur le soutien à l'entreprise, notamment les PME, M. Boussaid a fait savoir que le PLF 2015 prévoit d'accélérer le remboursement de la TVA et l'apurement des arriérés accumulés sur les départements et les entreprises publiques, de mettre en oeuvre la mesure visant à faire bénéficier les PME de 20 pc de la commande publique et de poursuivre les programmes Imtiaz et Moussanada, visant le renforcement de la productivité et la compétitivité des PME (400 millions de dirhams).

Le PLF 2015 propose également d'autoriser aux sociétés d'imputer d'office l'excédent d'impôt versé au titre d'un exercice sur les acomptes provisionnels dus au titre des exercices suivants et éventuellement sur l'impôt dû au titre desdits exercices, d'élargir l'obligation de télé-déclaration et de télépaiement aux PME afin de les faire bénéficier des facilités des nouvelles technologies et d'instituer une procédure permettant aux entreprises ayant des liens de dépendance avec des sociétés non résidentes de conclure des accords préalables sur les prix de transfert, a-t-il poursuivi.

Contribution libératoire sur les avoirs détenus à l'étranger : 2 MMDH déclarés et l'opération "ne sera pas renouvelée"

Le montant global déclaré au titre de la contribution libératoire sur les avoirs détenus à l'étranger, une mesure introduite dans la loi de finances 2014, a atteint 2 milliards de dirhams (MMDH) jusqu'à aujourd'hui, et cette opération, qui prendra fin le 31 décembre 2014, "ne sera pas renouvelée", a affirmé, vendredi à Rabat, le ministre de l'Economie et des finances, Mohamed Boussaid.

"Le montant total déclaré jusqu'à aujourd'hui au titre de la contribution libératoire sur les avoirs détenus à l'étranger s'est établi à 2 MMDH, dont 56 pc concernent les transferts de fonds et 36 pc les actifs immobiliers (...) et la tendance devrait s'accélérer durant les deux derniers mois de l'année en cours, vu que les Marocains ont été rassurés quant à la confidentialité de leurs données", a assuré M. Boussaid, qui s'exprimait lors d'une conférence pour la présentation du PLF 2015 à la presse.

Interrogé sur les remboursement de crédit de TVA (butoir), le ministre a fait savoir qu'un montant de 800 millions de dirhams (MDH) a été remboursé jusqu'à aujourd'hui.

L'argentier du Royaume a, par ailleurs, démenti toute éventuelle hausse des prix de l'eau et de l'électricité, relevant que le PLF2015 vise notamment à poursuivre le soutien du pouvoir d'achat des ménages, dont le revenu brut global augmente de 5 pc par an depuis 2000.

Sur le dossier de la promotion de l'emploi, le ministre a fait savoir que le PLF prévoit la mise en place du statut de l'autoentrepreneur et l'élargissement du champ des activités y afférentes, la mise en œuvre de l'indemnité pour perte d'emploi (250 millions de dirhams), outre la poursuite du soutien des programmes de l'emploi, à travers la réalisation de 60.000 insertions dans le cadre du programme "Idmaj", la mise à niveau de 18.000 personnes dans le cadre du programme "Taehil" et l'accompagnement de 1.500 porteurs de projet dans le cadre de l'auto-emploi.

L'exonération, pendant une période de 24 mois, du salaire mensuel brut plafonné à 10.000 dirhams versé par une entreprise créée entre le 1er janvier 2015 et le 31 décembre 2019, et ce dans la limite de 5 salariés, figure également parmi les mesures prévues par le PLF 2015, visant à encourager la création de petites entreprises et l'insertion du secteur informel dans le tissu formel, a précisé le ministre.

Pour ce qui est de la promotion de l'investissement, le PLF prévoit la refonte de la charte d'investissement, la simplification des procédures relatives à l'investissement, l'accélération de l'adoption des projets d'investissement présentés aux comités d'investissements au niveau national et régional, le développement et l'encouragement du partenariat Public-Privé et l'achèvement de son arsenal juridique, a-t-il poursuivi.

Le PLF propose également la création du compte d'affectation spéciale intitulé "Fonds de développement industriel et des investissements", qui sera doté d'une enveloppe de 3 milliards de dirhams, la réduction du montant des investissements bénéficiant de l'exonération du droit d'importation, et approuvés par la commission nationale des investissements de 200 à 150 MDH, outre le relèvement de la durée d'exonération de la TVA sur l'acquisition des biens d'investissement aussi bien à l'intérieur qu'à l'importation, de 24 mois à 36 mois à compter de la date de début d'activité, a ajouté le ministre.

Le PLF 2015 n'est pas un budget d'austérité et ne prévoit pas de nouveaux impôts

Le projet de Loi de Finances (PLF) pour l'année 2015 "n'est pas un budget d'austérité, ne contient pas de coupes budgétaires et ne prévoit pas de nouveaux impôts", a assuré, vendredi à Rabat, le ministre de l'Economie et des finances, Mohamed Boussaid.

"Le PLF 2015 n'est pas un budget d'austérité, ne prévoit pas de nouveaux impôts et ne contient pas de coupes budgétaires, au contraire le budget d'investissement public a augmenté à 189 milliards de dirhams (MMDH) contre 186,6 MMDH en 2014", a précisé le ministre, qui intervenait lors d'une conférence pour la présentation du PLF 2015 à la presse.

Le budget d'investissement public devrait atteindre 189 MMDH, dont plus de 2,4 MMDH pour le renforcement de l'investissement du Budget général pour atteindre 54 MMDH, qui sera destiné à la poursuite des projets lancés avec un effort d'accélération de leur rythme d'exécution et d'amélioration de leur impact sur les citoyens, a assuré M. Boussaid, notant que ces investissements portent notamment sur les grands chantiers d'infrastructure et sur la mise en œuvre des stratégies sectorielles, en vue de la diversification des secteurs productifs, la création de l'emploi et le renforcement des capacités d'exportation.

Sur le plan des impôts, le ministre a fait savoir que la pression fiscale est passé de 27 pc en 2008 à 22,3 pc en 2013, afin de renforcer la compétitivité des entreprises marocaines.

Evoquant le contexte général du PLF 2015, le ministre a fait savoir qu'il a été préparé dans un contexte international entouré d'incertitudes, avec une stagnation de la croissance dans la zone euro, principal partenaire économique du Maroc et la poursuite des tensions géopolitiques, notamment dans la région du Moyen Orient, alors qu'au niveau national, l'économie marocaine enregistre des performances importantes et augure, à en croire M. Boussaid, des perspectives prometteuses.

Les hypothèses du PLF 2015 sont un taux de croissance de 4,4 pc, un déficit budgétaire de 4,3 pc du PIB, un cours moyen du pétrole de 103 dollars le baril avec un cours moyen du gaz butane de 804 dollars par tonne et un taux de change de 8,6 dirhams/dollar, a rappelé le ministre, précisant que le projet vise notamment l'amélioration de la compétitivité de l'économie nationale, la promotion de l'investissement privé, le soutien à l'entreprise, l'accélération des grandes réformes structurelles, la mise en œuvre de la régionalisation, la réduction des disparités sociales et spatiales, ainsi que la promotion de l'emploi.

Le renforcement du positionnement du Maroc en tant que locomotive dans les relations Sud-Sud, aussi bien avec les pays de l'Afrique subsaharienne qu'avec les pays arabes, l'activation et une meilleure exploitation des accords de libre-échange liant le Royaume à ses partenaires économiques, ainsi que la diversification des partenariats et le renforcement de l'ouverture sur les puissances économiques émergentes, figurent également parmi les priorités du PLF 2015.

Concernant le dossier des caisse de retraite, M. Boussaid a affirmé que le PLF 2015 prévoit l'accélération de la réforme des régimes de retraite, à travers une approche visant la sauvegarde de leur équilibre financier et leur pérennité, ainsi que la préservation des acquis des fonctionnaires.

La réformes fiscale n'est pas en reste, puisque le PLF propose de poursuivre la mise en œuvre de la réforme, à travers la réforme de la TVA, l'élargissement de l'assiette, le renforcement de l'équité fiscale et la simplification des procédures, a indiqué le ministre, relevant que le projet prévoit également de poursuivre la réforme de la compensation, pour préserver les équilibres financiers et réaliser des économies, afin de les injecter dans l'investissement productif et les services sociaux.

S'agissant du volet social, le ministre a assuré qu'une enveloppe d'environ 130 MMDH sera accordée aux secteurs sociaux, soit près de 52 pc des crédits du budget général, notant que le projet prévoit la création de 22510 postes budgétaires en 2015, alors qu'un budget de plus de 4 MMDH sera réservé aux mesures d'appui à la cohésion sociale.

(MAP-24/10/2014)