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Le système électoral marocain s'est consolidé à la faveur de nouvelles dispositions visant à consacrer un climat électoral sain de nature à restaurer la confiance des citoyens dans les institutions élues et à immuniser le processus démocratique, a affirmé Abdelaziz Karraki, professeur de sciences politiques à la Faculté de droit de Souissi-Rabat.

La préservation de l'intégrité du processus électoral s'inscrit en effet au cœur de la protection des droits et libertés des citoyens, a-t-il souligné dans un entretien à la MAP, mettant en avant l'impératif de coupler l'arsenal législatif dissuasif à de vastes campagnes de communication et de sensibilisation.

Ces campagnes doivent non seulement jeter la lumière sur la gravité des atteintes à l’intégrité du scrutin et sur les sanctions y afférentes, mais également doivent également ancrer une culture de respect et de sanctuarisation du choix démocratique.

Selon l'universitaire, le défi majeur est d’opérer une mutation qualitative dans la conscience collective et la culture politique, grâce à une double approche complémentaire.

La première, a-t-il expliqué, est d’ordre juridique, à travers l'application rigoureuse de sanctions face à toute violation des règles régissant le processus électoral, tandis que la seconde, de nature éthico-politique, passe par un consensus entre les différents acteurs et formations politiques autour d'un socle minimal de valeurs communes devant encadrer l'opération électorale.

M. Karraki a mis en relief l'importance des mesures prises en vue de la moralisation de la vie publique, notamment l’interdiction de se porter candidat pour toute personne poursuivie en flagrant délit ou condamnée -que ce soit en première instance ou en appel- pour des délits spécifiques.

Loin d'être une simple infraction technique, l'atteinte à l’intégrité du scrutin constitue une violation directe du droit des citoyens à élire leurs représentants en toute liberté, a-t-il dit.

L'universitaire s'est également attardé sur la criminalisation de l'usage malveillant des réseaux sociaux, des outils de l'intelligence artificielle et des plateformes numériques lors des campagnes électorales, qu'il s'agisse de la diffusion de contenus falsifiés, de la propagation de fake news, ou de montages d'images et de propos à des fins de diffamation ou d'ingérence dans la vie privée des électeurs.

De l'avis de M. Karraki, ces dérives exigent une vigilance accrue, d’où l’importance d’une stratégie globale alliant dissuasion juridique, éducation aux médias et engagement éthique des acteurs politiques et institutionnels.

Bien qu'offrant des opportunités importantes aux sociétés et individus, les nouvelles technologies peuvent se muer en instruments d'influence illicite et de manipulation de l'opinion publique, a-t-il mis en garde.

Par ailleurs, les enjeux de moralisation sont intrinsèquement corrélés à un dessein plus vaste: consolider la confiance politique et favoriser l'émergence d'une nouvelle élite en mesure d’accompagner les profondes mutations que connaît le Royaume, a-t-il relevé, notant que les réformes engagées, touchant notamment au financement des campagnes électorales et à l'élargissement des mécanismes de participation politique, contribuent activement à renforcer la confiance dans le processus électoral.

Dans ce cadre, M. Karraki a estimé que l'ouverture des inscriptions exceptionnelles sur les listes électorales représente un enjeu stratégique pour la jeunesse, en tant qu’étape cruciale pour encourager de larges franges de jeunes éligibles à participer aux prochaines échéances et à exercer leur droit constitutionnel.

Fort d'une trajectoire démocratique et institutionnelle consolidée, le Maroc doit compter désormais sur des compétences managériales et politiques pour accompagner les réformes et chantiers engagés dans le Royaume et relever les défis de cette nouvelle étape historique, a-t-il conclu.

Fruit d'un retour d'expériences sur les scrutins passés, les nouvelles dispositions s’inspirent des standards des démocraties les plus ancrées.

Parmi ces nouveautés figure la prolongation de la durée d'inéligibilité pour les élus destitués de leurs mandats. Cette période d'interdiction a été portée à deux mandats électoraux complets, dans le but de bloquer le retour prématuré aux postes de responsabilité des personnes révoquées pour fautes graves et d'inciter les élus à faire preuve d’une probité rigoureuse dans la gestion de la chose publique.

Le système prévoit également un durcissement des sanctions liées aux délits électoraux. Sur les 32 articles que compte le texte, 28 ont été modifiés, actant le doublement des peines privatives de liberté et des amendes financières. Face à la gravité de certaines violations, plusieurs délits électoraux ont été requalifiés en crimes, un tournant coercitif pensé pour dissuader toute tentative de manipulation des opérations de vote et des résultats.

Pour renforcer la transparence des opérations de vote, le nouveau système introduit une disposition inédite. Désormais, le vote doit obligatoirement s'effectuer au sein d'un isoloir ouvert du côté opposé aux membres du bureau de vote et aux représentants des candidats, permettant ainsi de parer à tout comportement susceptible de compromettre le secret du vote.

Cette disposition inédite empêche notamment les électeurs de photographier leur bulletin avec un smartphone et proscrit toute interférence ou pression physique au moment du choix.

(MAP: 01 Septembre 2026)

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