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Mercredi 9 Juillet 2014

L’organisation des tâches des préposés religieux s'inscrit dans le cadre de la stratégie destinée à la restructuration du champ religieux

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M. Taoufiq : le Dahir régissant les missions des préposés religieux est un tournant dans le processus de régulation de la chose religieuse au Maroc

Le Dahir relatif à l'organisation des tâches des préposés religieux et à la définition de leurs situations constitue un tournant dans le processus de régulation de la chose religieuse au Maroc, a souligné, mercredi à Rabat, le ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Taoufiq.

Intervenant lors d'une conférence de presse consacrée à la présentation de ce Dahir, promulgué le 20 mai dernier, M. Taoufiq a relevé que ce texte, qui vient s'ajouter à une panoplie de mesures visant la préservation de la religion, s'inscrit dans le cadre de la stratégie intégrée et inclusive destinée à la restructuration du champ religieux, lancée en 2004 à Casablanca par SM le Roi Mohammed VI et dont le préposé au culte constitue l'un des piliers.

L'organisation des missions des préposés religieux, a-t-il fait savoir, est passée par plusieurs étapes, notamment le recensement de l'offre des mosquées, dont le nombre s'élève à 50.000 (quelque 110.000 préposés), l'élaboration d'un programme destiné à la formation des imams, des mourchides et mourchidates, la revalorisation des salaires des imams, prêcheurs et muezzins en leur accordant des rétributions fixes, en sus des montants qu'ils perçoivent des mécènes.

S'y ajoutent, a-t-il poursuivi, l'intégration des imams dans le régime de couverture médicale de base et complémentaire, et l'allocation d'aides financières pour incapacité de travail ou à l'occasion de l'Aid Al-Adha, la qualification des imams dans le cadre du Pacte des ouléma (Mithaq Al Oulamae), outre l'adoption d'un arrêté définissant les missions et les responsabilités des imams et des sermonnaires.

Selon une note de présentation, ce Dahir fait connaitre les missions des préposés religieux, leur statut juridique, leurs engagements et leurs droits comme il renseigne sur les règles appliquées dans leur situation et les mécanismes de traitement de leurs plaintes et doléances.

Selon ce texte, le corps des proposés au culte se décline en deux segments, en l'occurrence ceux exerçant leurs missions en vertu d'un contrat avec l'Etat, conformément au décret 2.05.1574 du 27 avril 2006 définissant les clauses adjointes au contrat d'exercice de certaines fonctions religieuses. Ces préposés sont titulaires d'une licence ou d'un diplôme équivalent et ont réussi le programme de formation des imams et des mourchides et mourchidates.

La deuxième catégorie rassemble les préposés religieux exerçant des fonctions religieuses aux termes d'une délégation faite par le ministre des Habous et des Affaires islamiques.

Ce Dahir a permis, dans la limite des postes budgétaires, d'engager des préposés religieux délégués exerçant en Imams et en sermonnaire, titulaires d'une licence ou d'un diplôme équivalent et justifiant d'une ancienneté en tant qu'Imam d'au moins quatre ans et ayant moins de 50 ans le jour de la conclusion du contrat. Le recrutement de ces préposés religieux se fait par sélection, sur la base de critères définis par l'autorité gouvernementale en charge des Habous et des affaires islamiques.

En vue de la protection juridique de cette catégorie, il sera, dorénavant, procédé à la désignation du préposé religieux en vertu d'un arrêté du ministre des Habous et des affaires islamiques, de sorte à lui garantir la stabilité dans l'exercice des fonctions dont il est investi.

De même, un mécanisme a été mis en place pour traiter les réclamations émanant des préposés religieux, par l'entremise d'une commission dénommée "la Commission nationale de traitement des plaintes et doléances des préposés religieux", créée à l'effet d'examiner toute injustice et tout tort subis par les préposés religieux dans leur interaction avec le département de tutelle.

Aux termes de ce Dahir et du Dahir portant création de la Fondation Mohammed VI pour la promotion des oeuvres sociales des préposés religieux (2010), ces derniers jouissent de la Haute sollicitude de SM le Roi, Amir Al-Mouminine, garant de leurs droits.

Les droits conférés aux préposés religieux concernent le salaire mensuel et les indemnités allouées aux administrateurs 3ème grade (échelle 10), le droit à la promotion conformément aux mêmes dispositions en vigueur pour le corps des administrateurs (échelle 11 et hors échelle) ainsi que le droit aux congés administratif et de maladie.

Il leur est, cependant, interdit d'exercer toute autre activité, dans les secteurs public et privé, génératrice de revenus, sauf autorisation écrite délivrée par l'autorité gouvernementale chargée des Habous et affaires islamiques. Cette restriction est valable excepté pour les activités scientifiques, intellectuelles et d'innovation ne contrastant pas avec la nature des tâches dont ils ont la charge.

S'agissant des préposés religieux délégués, ils bénéficient, en vertu du Dahir, d'une indemnité dont le montant est fixé par un arrêté du ministre des Habous et des affaires islamiques.

Les préposés religieux, mis à part les récitateurs du Coran et les mémorisateurs du Hadith, bénéficient de la couverture médicale et des prestations offertes par la Fondation Mohammed VI pour la promotion des oeuvres sociales des préposés religieux.

Les préposés au culte sont, par ailleurs, tenus, en toute circonstance, de s'en tenir à une obligation de réserve, de faire preuve de la droiture requise par la nature des missions qui sont les leurs et de s'abstenir de toute activité politique ou syndicale.

Les préposés religieux doivent respecter les fondements du rite malikite, de la doctrine ash arite et des valeurs immuables de la nation et des usages marocains.

D'autre part, M. Taoufiq n'a pas manqué de saluer les efforts consentis par les préposés religieux pour la promotion de la responsabilité d'éduquer aux bonnes moeurs, aux vertus et à la consécration des valeurs nobles de l'Islam prônant la modération et la préservation de l'identité spirituelle et l'unité de la Oumma.

(MAP-09/07/2014)